Erdogan accuse directement Merkel d'avoir recours à des " pratiques nazies "

21 Mars, 2017, 05:43 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Vraie dictature et fausse démocratie, le jeu pervers des démagogues

Le journal nationaliste turc Günes a placé sur sa couverture la chancelière allemande Angela Merkel déguisée en "Femme Hitler ". Selon les autorités turques, des appel à voter non au référendum du 16 avril ont également été lancés.

Samedi, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a en effet affirmé s'attendre à ce que le Parlement approuve le rétablissement de la peine de mort après le référendum du 16 avril sur l'instauration d'un régime présidentiel. "En particulier Merkel", a déclaré Recep Tayyip Erdogan dans un discours télévisé.

" Les comparaisons avec le nazisme doivent cesser", a-t-elle martelé, " nous n'allons pas tolérer que la fin justifie toujours les moyens et que tous les tabous tombent sans respect pour la souffrance de ceux qui ont été poursuivis et assassinés durant le national-socialisme ". "Mais tu as recours en ce moment précis à des pratiques nazies ", a-t-il alors lancé à l'adresse de la chancelière. "Dans le cas inverse (.) le gouvernement allemand se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires, y compris un réexamen des autorisations (de meetings) données", a ajouté la chancelière.

La crise diplomatique entre l'Allemagne et la Turquie est loin de s'apaiser. Mais la patience de Berlin arrive à ses limites.

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Cet accès de tension écarte un peu plus encore la perspective d'une intégration de la Turquie à l'UE.

Cette rhétorique outrancière s'inscrit pour l'homme fort d'Ankara dans le cadre d'une campagne musclée en faveur d'une réforme constitutionnelle visant à élargir ses pouvoirs, soumise au référendum le 16 avril.

" Cela sert surtout les intérêts du président turc", qui cherche " par des menaces et insultes " à " obtenir la majorité des voix en Turquie et en Allemagne des ressortissants turcs " en se posant en victime, a déclaré hier le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères Martin Schäfer". Et les Européens se demandent s'ils pourront supporter longtemps encore les outrances et les provocations du président turc Recep Tayyip Erdogan sans mettre définitivement fin au processus d'adhésion d'Ankara, dont les négociations ont commencé en 2005 et qui traînent depuis en longueur.

" Plus nous répliquons, plus nous alimentons la tactique suivie par ce gouvernement, par le parti au pouvoir (AKP, ndlr), par le président", a argumenté le porte-parole auprès de la presse.

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