Turquie. "Pratiques nazies" : Erdogan s'en prend (encore) à Merkel

21 Mars, 2017, 02:49 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Vraie dictature et fausse démocratie, le jeu pervers des démagogues

Le gouvernement turc avait d'ores et déjà accusé, au début de ce mois, les autorités allemandes d'avoir recours à des pratiques "nazies" en interdisant des meetings et en empêchant la présence de ministres turcs sur le sol allemand.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en est pris personnellement dimanche à la chancelière allemande Angela Merkel.

L'Allemagne est un vrai enjeu pour le président turc: elle héberge la plus importante diaspora turque au monde, dont 1,4 million de personnes inscrites sur les listes électorales consulaires.

"Est-ce que Monsieur Erdogan a encore tous ses esprits?", s'est interrogé une proche de Mme Merkel et vice-présidente de son parti conservateur CDU, Julia Klöckner.

En embrassant les organisations terroristes, l'Allemagne monte toute l'Europe contre la Turquie.

La Turquie a aussi convoqué dimanche l'ambassadeur d'Allemagne pour protester au lendemain d'une manifestation de Kurdes à Francfort lors de laquelle des drapeaux des combattants kurdes ont été brandis, évoquant un " scandale ".

Le chef de la diplomatie allemande assure que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a "dépassé une limite". "Je m'étonne des propos que j'entends en provenance de Turquie. C'est insolent, c'est une effronterie que le dirigeant d'un pays ami insulte ainsi la dirigeante de ce pays" a estimé l'ancien président du Parlement européen.

Cette déclaration vise à "blanchir" le groupe de Gülen en Europe, s'est insurgé à la télévision le porte-parole de la présidence turque.

Le prédicateur exilé aux Etats-Unis Fethullah Gülen, à la tête d'un vaste réseau d'écoles, d'entreprises et d'ONG, est accusé par les autorités turques d'avoir ourdi la tentative de putsch du 15 juillet 2016.

Les relations entre Ankara et Berlin traversent une crise aiguë après l'interdiction ces derniers jours de plusieurs réunions électorales pro-Erodogan en Allemagne. Ces déclarations interviennent au moment où des désaccords de fond ont eu lieu au cours du week-end pendant une réunion des grands argentiers du G20 en Allemagne, où les Etats-Unis ont ainsi notamment fait retirer du communiqué final une condamnation du "protectionnisme".

"Si la peine de mort est réintroduite en Turquie, cela entraînera la fin des négociations", a commenté le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

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