Pas de fermeture sous Hollande — Fessenheim

09 Avril, 2017, 23:37 | Auteur: Nathanaël Gerin

Par ailleurs, le Conseil d'administration a donné son accord pour que le PDG d'EDF signe le protocole d'indemnisation négocié avec l'Etat "au plus tard à la date à laquelle cette demande sera adressée", selon le communiqué du groupe.

En dépit de ces pressions totalement contraires aux règles du gouvernement d'entreprise et dans une période où le Gouvernement aurait dû s'abstenir d'utiliser EDF au soutien de sa politique au mépris du principe républicain de neutralitédes Services Publics en période électorale, Mme ROYAL n'est pas parvenue à obtenir son décret immédiatde fermeture de Fessenheim.

C'est incontestablement un échec cinglant. Les écologistes s'insurgent contre cette décision.

"La légalité" d'un tel décret, sans demande préalable transmise par EDF, "n'est pas assurée", a confirmé à l'AFP l'avocat spécialisé en droit de l'environnement, Arnaud Gossement.

Reste dont le vote des administrateurs indépendants -Laurence Parisot (ex Medef), Colette Lewiner (Capgemini), Bruno Lafont (ex Lafarge), Claire Pedini (Saint Gobain), Philippe Crouzet (Vallourec)- et de Jean-Bernard Lévy dont la voix compte double en cas d'égalité. C'est pour rester à ce maximum autorisé qu'EDF a déjà obtenu que l'arrêt des deux réacteurs de Fessenheim coïncide avec l'entrée en service de l'EPR de Flamanville, à l'horizon 2019.

Plusieurs salariés du site EDF Tricastin ont participé, ce jeudi, à un rassemblement devant leur site en soutien aux employés de la centrale nucléaire de Fessenheim.

Le Conseil d'administration d'EDF a achevé ses travaux sur la fermeture de façon irréversible et inéluctable de Fessenheim si les conditions suivantes sont définitivement remplies. Ils ont exprimé leur opposition à la fermeture de la centrale alsacienne, au motif qu'elle menacerait 2000 emplois directs et indirects. "La centrale nucléaire de Fessenheim ne sera pas fermée durant son quinquennat, comme il l'avait promis pendant la campagne".

Pour autant, la ministre de l'Ecologie a déclaré à l'AFP peu après le vote que cette "bonne décision" au caractère "irréversible" sera "actée juridiquement dans les prochains jours".

EDF a obtenu un nouveau délai pour la fermeture de la centrale de Fessenheim, promesse présidentielle de François Hollande, à l'issue d'un conseil d'administration qui a toutefois clarifié le calendrier sur l'arrêt formel de l'installation, a-t-on appris de sources concordantes. "La loi de transition énergétique doit être appliquée, doit être respectée, par tous".

"Je comprends que les salariés cherchent à défendre leur outil de travail" mais "il faudra à un moment que chacun prenne la mesure que des centrales vont fermer", avait pour sa part plaidé le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Le centriste Emmanuel Macron, qui a nommé Jean-Bernard Levy lorsqu'il était ministre de l'Economie, s'en tient lui au plan envisagé de transformer Fessenheim en un futur site pionnier pour le démantèlement des centrales.

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