Le conflit social se prépare à une nouvelle phase — Guyane

14 Avril, 2017, 08:25 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Guyane. Onze plaintes pour entrave à la libre circulation

Onze plaintes contre X pour "entrave à la libre circulation" ont été déposées mercredi à Cayenne au terme d'un rassemblement d'une centaine d'opposants à la poursuite du blocage en Guyane, agitée par trois semaines de mouvement social, a-t-on appris de source sécuritaire.

Les barrages seront tous ouverts, hormis quelques-uns jugés stratégiques, notamment celui du Centre spatial guyanais, vitrine économique du territoire, mais symbole pour les Guyanais des inégalités persistantes.

" On est motivés, on est toujours déterminés " a déclaré Mikael Mancée sur la radio Péyi, très populaire depuis le début du conflit, entamé il y a plus de trois semaines". Une nouvelle réunion du collectif aura lieu lundi.

Trois heures d'assemblée générale ont amené le collectif a décider d'ouvrir tous les barrages "dès jeudi soir", pour permettre à la population de profiter du week-end pascal. "On lâche rien. Dans tous les barrages, la population est déterminée", a-t-il encore assuré, estimant même qu'il allait "falloir durcir le mouvement", face au "mépris du gouvernement".

Un temps évoquée dans l'après-midi, l'hypothèse qu'une délégation se rende à Paris pour rencontrer le chef de l'Etat n'a finalement pas été retenue, "pour garder la même ligne qu'au départ", et marquer "la colère de la population vis à vis d'un président qui n'a jamais porté attention à notre égard", a déclaré Youri Antoinette, à la sortie de l'assemblée générale.

Le collectif, qui regroupe des élus, des associations, des syndicats, des socio-professionnels, a décidé de s'organiser en différents "pôles" pour la suite du mouvement.

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Dans la journée, les socio-professionnels avaient expressément demandé "la levée des barrages routiers qui nous divisent", pour "faire perdurer l'esprit du 28 mars (journée d'une mobilisation historique en Guyane, ndlr) et sauver les emplois guyanais". "On est mobilisé, ça ne changera plus jamais, on a soulevé quelque chose qui ne s'arrêtera pas".

Une nouvelle marche de lycéens et étudiants était prévue à 16H00 à Cayenne, en direction d'un barrage près du rectorat et de l'université.

De son côté, le Premier ministre Bernard Cazeneuve a indiqué mercredi, dans un courrier au préfet de Guyane, qu'il souhaitait l'installation du comité de suivi local du plan d'urgence, "le 20 avril au plus tard", avec en son sein des représentants des forces économiques et sociales.

Depuis plusieurs jours, des voix se faisaient entendre crescendo pour réclamer la fin des blocages, après trois semaines d'un conflit qui a paralysé l'économie de tout le territoire.

Une centaine de chefs d'entreprises, commerçants et artisans se sont postés mercredi matin devant l'hôtel de police de Cayenne pour porter plainte par petit groupe, a constaté une journaliste de l'AFP. Ils ont notamment justifié leur action par des pertes financières de plus en plus importantes.

Le conflit a aussi des conséquences sur la campagne présidentielle: la propagande électorale des onze candidats ne sera pas distribuée dans les boîtes aux lettres des électeurs guyanais, vu "l'impossibilité d'expédier les circulaires des candidats avant le premier tour du scrutin", le 23 avril.

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