Erdogan, le nouveau sultan — Turquie

20 Avril, 2017, 21:35 | Auteur: Nathanaël Gerin
  • Un homme lit le quotidien Sabah le 17 avril 2017 à Istanbul en Turquie

Diamond soutient que le parti politique du président Erdogan, le Parti de la justice et du développement (AKP) a considérablement porté atteinte aux valeurs démocratiques en limitant le pluralisme et les libertés publiques.

Le chef de l'YSK, Sadi Güven, a repoussé lundi les critiques, affirmant que ces bulletins étaient "valides".

Peu après l'annonce de la décision du CHP, le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a déclaré mardi que "tout le monde, à commencer par le principal parti d'opposition, doit respecter (.) la parole de la nation". Le YSK a "rendu sujet à débat la légitimité du référendum", selon Kemal Kiliçdaroglu, le chef du CHP.

Au lendemain de sa victoire sur le référendum constitutionnel du dimanche dernier, le président turc monte au créneau. "Recep Tayyip Erdogan a soufflé le chaud et le froid, tendant la main à ceux qui ont voté " non " - " toutes les voix sont importantes", a-t-il dit - tout en mettant implicitement en garde ceux qui contesteraient le résultat du référendum. Sur ses choix d'alliances qui semblent assez erratiques, on a vu qu'il avait approuvé les récentes frappes américaines en Syrie, ce qui revient à tendre à nouveau les relations avec la Russie, dont on pensait que la Turquie s'était beaucoup rapprochée.

La Turquie, de son côté, ne ménage plus ses partenaires européens.

Ce n'est pas un plébiscite, mais une "victoire" qu'a évoquée le président turc Recep Tayyip Erdogan, devant des milliers de personnes à l'issue du scrutin.

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La veille il avait déjà lancé l'idée d'un référendum sur le rétablissement de la peine de mort.

L'opposition turque, elle, conteste la validité du scrutin et a annoncé son intention de demander le recomptage des voix.

Les chiffres cités par l'agence Anatolie montrent que le " oui " a recueilli de forts suffrages en Anatolie centrale tandis que le " non " a dominé dans les grandes villes, les régions côtières proches de la mer Égée et dans le Sud-Est à majorité kurde.

"Le gouvernement (allemand) attend que le gouvernement turc, après une campagne électorale dure, cherche maintenant un dialogue respectueux avec toutes les forces politiques et dans la société", a souligné la chancelière lundi dans une courte déclaration conjointe avec son ministre des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel.

Le référendum a profondément divisé le pays. Et si la peine de mort passe au Parlement, je l'approuverai. "C'est l'occasion de reprendre le contrôle de notre pays", a déclaré Bayram Seker, un auto-entrepreneur de 42 ans, après avoir voté " oui " à Istanbul. Mais l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire, crie à la fraude.

Ses partisans soutiennent qu'une telle mesure est nécessaire pour stabiliser l'exécutif et établir des barrières claires avec le judiciaire et le législatif. Certains analystes estiment que les tensions entre Ankara et l'Union européenne, renforcées par le résultat du référendum de dimanche, devraient favoriser un rapprochement entre la Turquie et la Russie.

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