Erdogan savoure sa victoire et provoque l'UE — Turquie

20 Avril, 2017, 15:36 | Auteur: Nathanaël Gerin
  • Référendum en Turquie

Le président turc avait salué les frappes américaines mais les avait qualifiées d'insuffisantes. Mais malgré "la victoire finale dans les urnes [avec 51,3% des suffrages pour le 'oui'], le revers électoral, lui, est évident". "Istanbul, ville d'ordinaire acquise au Parti de la justice et du développement (AKP), a effectivement dédit son ancien maire".

Erdogan argue qu'une concentration des pouvoirs entre les mains du président est essentielle pour éviter l'instabilité de la Turquie au moment où le pays fait face aux attentats islamistes, à l'insurrection kurde, aux conséquences de la guerre civile chez son voisin syrien et aux effets de la tentative de coup d'Etat de juillet dernier.

"Ce référendum montre clairement l'existence de trois Turquie bien distinctes".

"Les États-Unis continuent de soutenir le développement de la démocratie en Turquie, pour laquelle les engagements en faveur de l'État de droit et d'une presse libre et plurielle restent essentiels", a-t-il ajouté dans un courriel à des journalistes.

Plus de 47'000 personnes ont été arrêtées en vertu de l'état d'urgence.

Les liens militaires entre les Etats-Unis et la Turquie ne se limitent pas à l'Otan et l'actuel front-uni contre el-Assad, qu'ils refusent de considérer comme un interlocuteur crédible. "(...) Des modifications tardives survenues dans les procédures de dépouillement du référendum auraient privé le processus de garanties importantes", note Le Figaro. L'opposition allègue ainsi que 3 millions de bulletins seraient frauduleux, précisent Les Echos.

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"Nous ne lisons, nous n'entendons ou nous n'acceptons jamais les rapports politiques que vous préparez", a-t-il dit plus tard dans la soirée à l'intention des observateurs.

D'après le Haut-Conseil électoral, le oui devançait le non de quelque 1,25 % sur les 55, 3 millions d'électeurs, tandis que les Kurdes ont boycotté le référendum.

Du côté européen, les réactions aux résultats du référendum sont restées froides.

C'est à se demander comment M. Erdogan, vu la fragilité de sa victoire référendaire, réussira à remporter la prochaine présidentielle, prévue jusqu'à preuve du contraire en 2019, en continuant d'appliquer le même principe d'intransigeance, sans faire l'effort de panser les plaies qu'il a ouvertes. La Commission souligne également que les résultats sont très serrés. Cela peut signifier que le président n'a pas complétement confiance dans l'état d'esprit du pays et qu'il craint que la situation ne se tende particulièrement à cause des résultats, parce que finalement, aujourd'hui, il n'y a plus d'opposition légale possible en Turquie.

Comment voyez-vous l'avenir des relations de la Turquie d'Erdogan avec l'Union européenne (UE)? (.) Nous pourrons aller au-devant de notre peuple, et nous obéirons à sa décision, a lancé M. Erdogan lors d'un discours virulent au palais présidentiel à Ankara. Son rétablissement marquerait la fin des négociations sur cette adhésion. Une ligne rouge pour Bruxelles, qui exclurait de fait toute candidature d'adhésion de la Turquie.

Contesté par son opposition, ses citoyens mais aussi l'Union Européenne, le référendum est sous le feu des critiques, pas de quoi perturber, le pouvoir.

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