Erdogan veut maintenant un référendum sur la peine de mort — Turquie

20 Avril, 2017, 15:36 | Auteur: Gerard Affre
  • Turquie campagne inéquitable selon les observateurs internationaux

Accueilli dans la capitale, à son retour d'Istanbul, par une foule de partisans devant l'aéroport Esenboga, M. Erdogan a promis que "les choses (iraient) mieux" après l'entrée en vigueur de la révision constitutionnelle élargissant considérablement les prérogatives présidentielles.

La demande sera déposée à 14H30 (11H30 GMT) a précisé le CHP (social-démocrate) dans un communiqué, tandis qu'un cadre du parti doit rencontrer le président du YSK deux heures plus tôt.

Une mission commune d'observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe a estimé lundi que le scrutin n'avait pas été "à la hauteur des critères" européens, et souligné que la campagne s'était déroulée dans des conditions inéquitables favorisant le camp du oui. L'opposition y a vu une manoeuvre rendant possibles des fraudes.

En cause, la décision du Haut-Conseil électoral (YSK) de considérer comme valides les bulletins non marqués du sceau officiel des autorités électorales.

C'est un message fort que vient de faire passer Trump en congratulant son homologue turc: Erdogan et le président américain restent sur la même longueur d'onde, diplomatiquement parlant et continueront d'entretenir de bons rapports, suite au référendum qui vient de se tenir en Turquie.

"Des modifications tardives dans la procédure de comptage (des voix) ont supprimé un important garde-fou" contre les fraudes, selon le rapport des observateurs.

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"Nous appelons (.) les autorités à lancer une enquête transparente sur les irrégularités présumées qui ont été constatées par les observateurs" internationaux, a déclaré mardi le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, appelant à la "retenue". "(.) Nous pourrons aller au-devant de notre peuple, et nous obéirons à sa décision", a lancé M. Erdogan lors de ce discours virulent au palais présidentiel. Paris a averti lundi qu'une telle mesure provoquerait une "rupture" avec l'Europe.

Dimanche soir, M. Erdogan a évoqué la possibilité d'organiser un nouveau référendum, celui-ci sur le rétablissement de la peine de mort.

Mais à Istanbul, au moins 2.000 personnes sont descendues dans les rues lundi soir pour contester le résultat du référendum, sous un slogan clair: "côte-à-côte contre le fascisme".

Faisant fi des contestations de l'opposition, le parti au pouvoir (AKP) a d'ores et déjà annoncé qu'il proposerait fin avril à M. Erdogan de retrouver sa place dans ses rangs, premier point de la réforme -il ne pouvait jusqu'alors pas rejoindre un parti-, dont la plupart des volets entreront en vigueur après les élections présidentielle et législatives de 2019. L'état d'urgence a déjà été prolongé deux fois, en octobre et en janvier, après avoir été promulgué le 20 juillet, 5 jours après la tentative de putsch. "Il risque de mettre les bouchées doubles sur sa ligne très dure".

"La volonté de la nation s'est (exprimée) librement dans les urnes, cette affaire est terminée", a déclaré mardi M. Yildirim. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Aucun commentaire sur ces arrestations n'a pu être obtenu de source policière dans l'immédiat.

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