Frappe américaine en Syrie : réaction spontanée ou manœuvre bien calculée ?

20 Avril, 2017, 18:53 | Auteur: Sebastien Chopin
  • Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson à son arrivée à l'aéroport de Moscou le 11 avril 2017

"Et s'il y a eu attaque, qui l'a lancée?" a encore demandé le président syrien.

Dans ce "jeu" à multiples acteurs, Bachar est venu ajouter son grain de sel. Il affirme aujourd'hui à l'AFP que l'attaque chimique est "une fabrication à 100% (.) "Notre impression est que l'Occident, principalement les États-Unis, est complice des terroristes et qu'il a monté toute cette histoire pour servir de prétexte à l'attaque".

M. Assad a démenti toute implication dans l'attaque, arguant que son régime ne possédait plus d'armes chimiques depuis 2013. Selon lui, cette attaque aurait été "totalement fabriquée" et aurait seulement servi à justifier les frappes américaines contre son armée. Comme l'explique CNN, les données issues de ces écoutes ne donnent pas forcément lieu à des investigations approfondies immédiates, et elles ne sont généralement analysées qu'a posteriori, lorsqu'un événement, tel que l'attaque chimique de Khan Cheikhoun, le nécessite. Ce serait alors la huitième fois que Moscou se sert de cette prérogative au Conseil de sécurité pour bloquer une action onusienne à l'encontre de son allié syrien. Il n'en demeure pas moins que pour l'administration américaine, il n'y a "pas de doute" que le régime de Damas est responsable de l'attaque chimique présumée.

"Les seules informations dont dispose le monde jusqu'à présent sont celles publiées par la branche d'Al-Qaïda", a encore affirmé le chef de l'Etat syrien en référence au groupe jihadiste, Fateh Al-Cham, qui contrôle la ville de Khan Cheikhoun avec les rebelles.

Les ministères des Affaires étrangères du G7 en Italie le 11 avril 2017
Les ministères des Affaires étrangères du G7 en Italie le 11 avril 2017

La diplomatie russe a dit espérer des "négociations productives" avec le secrétaire d'Etat, soulignant, dans un communiqué, qu'elle recherchait une "coopération constructive" et non la "confrontation" avec les Etats-Unis. 3 jours plus tard, en représailles, les Américains bombardent une base aérienne du régime de Bachar al-Assad.

"Nous allons œuvrer [avec les Russes] en vue d'une enquête internationale".

Les représentants du G7 réunis hier jeudi à Lucques, en Toscane, dans le centre de l'Italie, se sont unanimement prononcés pour un départ du président syrien Bachar al-Assad. "Mais elle doit être impartiale", selon lui. Au début de l'entretien, M. Lavrov a dit vouloir comprendre "les intentions réelles" des Etats-Unis en matière de politique internationale, afin d'éviter une "récidive" de la frappe américaine en Syrie et de travailler à la création d'un "front commun contre le terrorisme".

Après avoir semblé prendre ses distances avec la crise syrienne, notamment sur le sort de M. Assad, l'administration Trump a fait volte-face la semaine dernière en bombardant son régime.

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