Les migrants du camp incendié dirigés vers des centres d'accueil — France

20 Avril, 2017, 22:33 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Le camp de la Linière en flammes

Elle serait directement liée, d'après le préfet du Nord Michel Lalande, à l'incendie qui a éclaté par la suite dans le camp, désormais réduit à un "amas de cendres". L'endroit, réputé pour être tenu par des passeurs kurdes irakiens, avait été le théâtre de plusieurs incidents sérieux ces derniers mois, nécessitant de faire appel à la police. Aucun bilan complet et précis n'est encore disponible.

Ce lundi, le sinistre, extrêmement violent, s'est déclaré "en fin d'après-midi, vers 18H00", selon Olivier Caremelle, directeur de cabinet du maire (EELV) Selon le Centre opérationnel d'incendie et de secours du Nord, l'incendie a fait une dizaine de blessés au moins.

A l'origine du feu, une rixe entre les communautés afghanes et kurdes irakiens présentes dans le camp. Dites-le en commentaire.

Les migrants ont été évacués du camp et seront relogés dans des hébergements d'urgence. Trois gymnases ont été mobilisés à Grande-Synthe, dont un qui abrite 176 personnes dites vulnérables, principalement des familles avec enfants.

Lors de l'hiver 2016, la préfecture du Nord avait d'abord refusé de cautionner l'ouverture de ce camp, invoquant des défauts de sécurité, notamment en cas d'incendie.

Les rixes entre migrants se sont poursuivies tard dans la nuit, et les deux compagnies de CRS qui tentaient de les séparer n'ont pu que difficilement faire leur travail, étant parfois la cible de jets de pierres, selon un correspondant de l'AFP sur place.

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Un calcul déduisant de ces 1.400 les migrants hébergés en gymnase et ceux partis en CAO donne environ 720 migrants partis des gymnases sans monter dans un car, soit la moitié de l'effectif de l'ancien camp.

"À ce que je peux voir par moi-même, tout a brûlé. Mais il est impossible de parcourir tout le camp et donc de se faire une idée vraiment précise de l'étendue des dégâts", a témoigné M. Caramelle. "Alors qu'ils étaient entassés dans des cuisines collectives, les Kurdes étaient logés dans des chalets".

Les ministres de l'Intérieur et du Logement, Matthias Fekl et Emmanuelle Cosse, étaient attendus sur place dans l'après-midi.

Le maire écologiste de Grande-Synthe, Damien Carême, qui avait fait bâtir le camp en dur malgré l'opposition de l'Etat, a renvoyé dos-à-dos tous les prétendants à l'Elysée: "chaque candidat, qu'il le veuille ou non, doit intégrer le problème de la prise en charge de la migration en France", a-t-il dit mardi. Après le démantèlement de la Jungle de Calais, le nombre de pensionnaires de Grance-Synthe avait grossi, passant de 700 à 1 500.

La totalité du camp a été évacuée dans la nuit.

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