Référendum en Turquie - L'Autorité électorale rejette les recours contre le référendum

21 Avril, 2017, 00:00 | Auteur: Djeferson Maurice
  • Les partisans

Le chef du Parti d'action nationaliste (MHP, opposition nationaliste), Devlet Bahçeli, favorable au 'oui', a pour sa part qualifié le résultat du vote de 'succès incontestable' et estimé que tous les Turcs devraient l'accepter. Si le président turc avait salué ces frappes américaines contre le régime syrien, il les avaient qualifiées d'insuffisantes: "Je salue cette mesure concrète et positive".

"Ils préparent un rapport à leur goût".

Coutumier des tensions avec les Européens, Recep Tayyip Erdoğan a cependant rejeté par avance tout rapport critique qui pourrait venir de leur part: " nous ne voyons et nous ne tenons pas compte de tout rapport que vous pourriez préparer ", a-t-il lancé à ses supporters. S'il n'avait pas remis en cause les résultats de cette consultation, il avait exhorté, par la voix de son porte-parole, les dirigeants turcs à respecter l'opposition et la liberté d'expression.

Les deux principaux partis d'opposition, le CHP (social-démocrate) et le HDP (prokurde), ont dénoncé des "manipulations" pendant le scrutin et annoncé leur intention de demander le recomptage des voix. Le principal parti d'opposition, le CHP (Parti républicain du peuple, laïque), a dénoncé la décision de dernière minute de la commission électorale (YSK) de considérer comme valides "jusqu'à preuve du contraire" les bulletins qui n'ont pas été tamponnés par les scrutateurs. "(.) Nous pourrons aller au-devant de notre peuple, et nous obéirons à sa décision", a-t-il lancé, sans avancer de date pour une éventuelle initiative de ce type. Le Haut-Conseil électoral (YSK) en Turquie a confirmé cette victoire, précisant que le résultat définitif serait annoncé "d'ici à 11 ou 12 jours".

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Le référendum a montré que la Turquie était "très loin" du chemin vers l'Europe, a indiqué le chancelier à des journalistes à Vienne. Une victoire serrée qui aura certainement des conséquences sur les relations entre la Turquie et l'Union européenne. Une menace que le président turc balaye d'un revers de main: "L'Union européenne menace de geler les négociations.

La remise en place de la peine de mort a deux objectifs: casser encore un peu plus toute contestation interne et déclencher un arrêt formel par l'UE - et non par la Turquie - des négociations d'adhésion", expliquait Marc Pierini, du centre de réflexion Carnegie Europe.

"'Le dernier mot revient à la nation et la nation a dit 'oui", a ajouté M. Yildirim, qualifiant le résultat du référendum de 'meilleure réponse' aux commanditaires de la tentative de coup d'Etat manquée du 15 juillet, aux militants séparatistes kurdes et aux forces étrangères hostiles à la Turquie.

Si elle donne des haut-le-coeur à l'Union européenne, qui réclame une enquête, la victoire de Recep Tayyip Erdogan lors du référendum visant un accroissement de ses prérogatives présidentielles est saluée par Washington. Une crise diplomatique avait opposé Ankara à plusieurs pays de l'UE, notamment l'Allemagne et les Pays-Bas, après l'interdiction de meeting de soutien à M. Erdogan sur leur sol pendant la campagne. Il a aussi évoqué dimanche un possible référendum sur le rétablissement de la peine capitale, une ligne rouge pour Bruxelles.

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