126 morts dans une opération d'évacuation qui tourne au carnage — Syrie

21 Avril, 2017, 02:48 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • L'évacuation de quatre villes assiégées a débuté

Des civils à bord d'un bus en provenance des localités de Foua et Kafraya aux mains du régime syrien, arrivent à Rachidine, à l'est d'Alep, tenue par l'opposition, lors d'une opération d'évacuation de quatre villes assiégées, le 14 avril 2017. Déclenché par la répression dans le sang de manifestations prodémocratie, le conflit s'est complexifié au fil des ans avec l'entrée en jeu d'acteurs internationaux et de groupes jihadistes comme l'organisation Etat islamique (EI).

Ce samedi, un convoi de cars transportant des personnes évacuées la veille de deux localités pro-régime a été la cible d'une attaque près d'Alep.

Cinq bus transportant des évacués des villes rebelles de Madaya et Zabadani sont repartis de la zone de Ramoussa, près d'Alep, où ils étaient bloqués sous contrôle du régime.

Un précédent bilan donné par l'OSDH faisait état de 24 morts dans cet attentat. D'autres sont des rebelles qui gardaient les bus et des travailleurs humanitaires.

"Il y a eu une énorme explosion", raconte Mayssa al-Aswad, 30 ans, qui était assise dans un véhicule avec son bébé de six mois et sa fillette de dix ans au moment de l'attentat. Mon bébé, Hadi, pleurait beaucoup, ma fillette Narjes me regardait, complètement figée. "La mort peut vous surprendre en quelques minutes".

Mais l'influent groupe rebelle Ahrar al-Cham a nié toute implication des rebelles. "Les personnes responsables de cette attaque devront être traduits devant la justice", a souligné de son côté le porte-parole du Secrétaire général des Nations-Unies, Stéphane Dujarric, après avoir exprimé "les condoléances" de l'ONU "envers les familles des victimes". Ses auteurs "ont fait preuve d'une indifférence éhontée pour la vie humaine".

Vendredi, plus de 7.000 personnes avaient été simultanément évacuées de Foua et Kafraya (5.000) et des localités rebelles de Madaya et Zabadani (2.200), d'après l'OSDH.

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L'attaque visait les bus transportant des personnes évacuées de localités syriennes loyalistes.

Les morts sont en grande majorité des habitants de Foua et de Kafraya.

Les quelque 5000 personnes de Foua et Kafraya -civils et combattants- doivent être réinstallées près de Damas et dans la province de Lattaquié (ouest), places fortes du régime, tandis que les 2200 de Madaya et Zabadani doivent rejoindre la province rebelle d'Idleb.

La poursuite de l'opération d'évacuation qui devrait concerner plusieurs milliers de personnes supplémentaires était en suspens dimanche après-midi.

Ces dernières années, et après des mois de siège, le régime a proposé des accords d'évacuation similaires que l'opposition dénonce comme des "transferts forcés" constituant "des crimes contre l'Humanité".

Tabqa est un verrou clé sur la route menant à Raqa, capitale autoproclamée de l'EI en Syrie et véritable objectif des Forces démocratiques syriennes (FDS) -alliance de combattants kurdes et arabes.

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