Des scientifiques s'inquiètent des programmes de Le Pen et Mélenchon — Recherche

21 Avril, 2017, 01:10 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Marine Le Pen le 19 avril 2017 à Marseille

Ce que l'on sait, c'est que l'on ne sait rien.

Dans cette longue interview qui paraît dans la version papier du quotidien à trois jours du scrutin, où il aborde aussi des questions d'économie ou de politique étrangère, l'ancien Premier ministre, interrogé sur son pronostic pour le premier tour, affirme: "je serai au second tour".

"Je serai au second tour", proclame M. Fillon qui s'est efforcé toute la semaine de montrer l'unité d'une droite qui a frôlé l'implosion. Les raisons de s'abstenir sont connues: les hommes et femmes politiques ont déçu, les Français ne croient plus en eux. Alors que les candidats tentent de réaliser un difficile exercice d'équilibriste cette semaine - mobiliser leur base électorale sans risquer de braquer des électeurs moins acquis, essayer de convaincre les indécis et les abstentionnistes en marquant les esprits tout en évitant les dérapages - ces stratégies de fin de campagne commencent-elles à faire bouger les lignes dans un contexte jusqu'alors très incertain?

Privilégiant initialement un débat, France 2 a dû revoir sa copie après que plusieurs candidats, dont Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, eurent menacé de ne pas y participer, suscitant l'inquiétude du CSA.

Qu'en est-il du vote utile?

Ce jeudi, lors d'une déclaration devant la presse en Espagne, Anne Hidalgo, l'un des soutiens du candidat socialiste, a aussi reproché à Emmanuel Macron de ne pas être de gauche. Si l'étau semble s'être un peu défait avec son rival immédiat, Marine Le Pen demeurerait en embuscade pour une surprise de taille au soir du premier tour ce dimanche 23 avril car, dit-on, elle a les électeurs les plus sûrs de leur choix.

Il creuse l'écart avec Jean-Luc Mélenchon et François Fillon, tous deux légèrement en retrait. Pour les analystes, en effet, plus un candidat apparaît en mesure de gagner, plus il attire. A la fin, les candidats à la présidentielle se retrouveront tous ensemble, vers 22h45, pour une conclusion de 2 minutes 30 chacun. Chacun aura également "une carte blanche" sur un sujet de son choix. 18% des personnes certaines de voter n'ont pas exprimé d'intention de vote au second tour. Mais le candidat de la France Insoumise reste dans sa zone des 19% selon les derniers sondages devenant tantôt 3e ex aequo tantôt 4e. La tentation du vote utile, ensuite, qui se fait plus en faveur d'Emmanuel Macron, "notamment chez les électeurs de Sarkozy en 2012, les sympathisants LR et les retraités", souligne Adélaïde Zulfikarpasic. Idem pour l'autre favori, le centriste pro-européen Emmanuel Macron.

Marine Le Pen peut-elle être élue?

Avec 7 à 9% des intentions de vote dans l'enquête Cevipof, il est trop loin de ses concurrents pour espérer les rattraper en quelques jours.

Au second tour, selon les six scénarios envisagés, Marine Le Pen ne sort jamais gagnante de ses duels face aux trois autres favoris.

"À droite, les transformations sont également à l'œuvre". De plus, l'électorat ouvrier, qui faisait le cœur de l'électorat communiste, est en bonne partie passé du côté du FN.

Emmanuel Macron intouchable pour cette Présidentielle 2017?

Ces chiffres sont toutefois à prendre avec beaucoup de pincettes, car la grande gagnante de ces enquêtes reste l'abstention: elle est en tête des intentions (de 35% chez les cadres supérieures à 50% chez les agriculteurs) quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle.

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