France : ouverture d'un procès concernant une importante filière djihadiste française

21 Avril, 2017, 01:24 | Auteur: Sebastien Chopin
  • Terrorisme. Début du procès de la filière jihadiste de Cannes-Torcy

20 hommes, dont 12 originaires de Cannes, sont poursuivis pour des faits liés au terrorisme: attentat contre une épicerie casher, projets d'attaques et départs en Syrie. Cette cellule avait été décrite en 2012 par les services antiterroristes comme la plus dangereuse démantelée en France depuis les années 90.

Son procès s'ouvre dans le contexte d'une actualité brûlante, alors qu'un nouvel attentat jihadiste vient d'être déjoué à quelques jours d'une présidentielle qui se tient pour la première fois sous le régime de l'état d'urgence.

Pour Stéphane Gicquel, secrétaire général de la FENVAC (Fédération nationale des victimes d'attentats), qui s'est portée partie civile, parle d'un procès avec "une forte dimension pédagogique, parce que les attentats qui sont survenus en 2015 étaient déjà écrits, on va comprendre les modes opératoires, les obsessions".

L'avocat d'un des accusés minimise l'importance de la filière: "Ce n'est pas du tout un réseau, c'est une bande de potes, une bandes de vieilles connaissances dont certains ont déconné". D'autres n'adoptent pas du tout cette attitude, restent fermés, concentrés, avec les traits tirés. Les peines encourues sont très lourdes, allant de 30 ans d'emprisonnement à la réclusion à perpétuité.

Trois autres membres présumés du groupe, qui gravitait autour d'un trafiquant de drogue, Jérémie Louis Sidney, devenu, selon les termes de l'accusation repris par le président de la cour, un "islamiste fanatique", seront jugés par défaut.

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Ce procès fleuve est le premier d'une longue série de procès consacrés au jihadisme, avec celui du frère de Mohamed Merah prévu à l'automne et celui, plus tard, des filières franco-belges des attentats de 2015.

Le seul fait d'armes abouti du groupe a été nourri par la "haine des Juifs" que, selon ses proches, Louis-Sidney avait chevillée au corps: le 19 septembre 2012, à Sarcelles, deux hommes, capuches sur la tête, entrent dans l'épicerie casher Naouri et jettent une grenade. L'engin roule sous un chariot métallique, ne blessant miraculeusement légèrement qu'un client.

Une empreinte sur la cuillère de la grenade permet de remonter à Louis-Sidney. Dans son entourage apparaît Jérémie Bailly, un petit délinquant converti à l'islamisme radical considéré comme "le fidèle lieutenant". À Torcy sont découverts un arsenal et de quoi fabriquer un engin explosif - cocotte-minute, souffre, salpêtre et réveil - dans un box au nom de Bailly. Accusé d'avoir participé à l'attentat de Sarcelles, il nie. Les mosquées. Un vaste coup de filet permettra aux policiers de saisir des armes, des testaments religieux et des listes de cibles potentielles.

Selon les enquêteurs, le démantèlement du groupe a aussi permis de déjouer un attentat visant des militaires dans le sud-est de la France, en juin 2013, et un ou des actes violents préparés début 2014 par deux membres du groupe de retour de Syrie, Ibrahim Boudina et Abdelkader Tliba.

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