La dernière émission politique d'avant premier tour sera sérieuse — Présidentielle française

21 Avril, 2017, 17:19 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • La candidate FN à la présidentielle Marine Le Pen le 19 avril 2017 à Marseille

Ce dernier récolterait 25% des intentions de vote contre 22% pour Marine le Pen, et 19% pour Jean-Luc Mélenchon et François Fillon.

Ces derniers jours, Jean-Luc Mélenchon a vu sa cote de popularité monter en puissance. La réponse à cette question déterminera largement le résultat du premier tour.

Au lendemain de son meeting très réussi à Bercy, le candidat semble profiter de la tentation du vote utile, accru par la crainte agitée par certains commentateurs de la vie politique d'un duel de second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon.

Pour Jean-Luc Mélenchon, "les criminels ne seront jamais impunis dans ce pays et leurs complices ne seront jamais oubliés", mais il ne faut "pas interrompre le processus de notre démocratie de manière à bien démontrer que les violents n'auront pas le dernier mot contre les républicains". Marge d'erreur de 0,8 à 1,8 point.

François Fillon a prévu une "randonnée" à Chamonix, un rassemblement avec une trentaine d'élus qu'il souhaite "sportif et convivial". Elle fut seulement contredite après des périodes de cohabitation entre un président d'un camp et un premier ministre de l'autre.

Loin de ses imprécations contre l'islam et le multiculturalisme tenues quelques jours plus tôt lors de son meeting à Paris, Marine Le Pen a délivré un discours catalogue, passant en revue ses diverses propositions sans vraiment s'y attarder. Le vieillissement de la population française et la plus faible participation au scrutin des jeunes par rapport aux personnes âgées favorisent aussi ce candidat. Et le mécanisme des primaires a fait émerger, à droite comme à gauche, les candidats les plus radicaux de leurs camps. Mercredi soir, il a réuni 20 000 personnes place de la République, à Paris, pour un immense rassemblement citoyen autour de concerts et de débats animés.

"Avec moi, il n'y aurait pas eu de Mohamed Merah", qui se proclamait "combattant d'Al-Qaïda" et avait tué en 2012 trois militaires ainsi que trois enfants et un enseignant juifs, et "il n'y aurait pas eu les terroristes migrants du Bataclan et du stade de France" qui ont fait 130 morts en novembre 2015, assure aussi Marine Le Pen. Les sondages sont devenus un point d'ancrage important pour les médias afin d'évaluer les hypothèses probables du second tour. C'est ce qu'on appelle l'abstention différenciée, étayée par de savants calculs par Serge Galam, un physicien directeur de recherche au CNRS.

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Un sprint final d'autant plus serré que l'abstention risque d'être élevée et que près de 30% des électeurs affirment ne toujours pas savoir pour qui voter dimanche. Comme un symbole, alors que le FN a longtemps été prescripteur sur le web, le parti d'extrême droite a été devancé sur ce terrain par Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise.

Ce serait un événement. Cependant, Mélenchon incarne le "dégagisme" qui a marqué cette campagne.

"On ne récolte pas de voix sur le dos des morts".

Benoît Hamon peut-il être élu? Non.

Le socialiste Benoît Hamon est relégué loin derrière, avec 7,5% (-0,5) d'intentions de vote.

Interpellé sur son parcours, le candidat a évoqué, encore une fois, son enfance marocaine: "Tanger, c'était une ville internationale extraordinaire".

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