La Russie met son veto à une résolution de l'ONU

21 Avril, 2017, 19:23 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Alexander NEMENOV

"Malheureusement, c'est du Assad typique".

Il fait référence ici aux frappes aériennes américaines du 7 avril dernier et se place donc sur la même ligne que la Russie, qui a été chargée de démanteler le stock d'armes chimiques du régime syrien.

En visite mercredi à Moscou, Rex Tillerson avait répondu à la presse sur ce sujet - sans toutefois prononcer le terme de "crimes de guerre" - indiquant que de telles "poursuites, y compris contre Bachar el-Assad" pouvaient un jour être envisagées, mais en prévenant des "très grands obstacles juridiques" pour y parvenir.

Cette interview exclusive, réalisée mercredi dans son bureau au coeur de Damas, est la première accordée par le président syrien depuis l'attaque chimique présumée du 4 avril et les frappes américaines menées trois jours plus tard, les premières contre le régime Assad depuis le début du conflit en Syrie il y a six ans.

Le secrétaire d'Etat américain, dont la position est particulièrement attendue après les prises de positions fermes de l'administration Trump contre le régime syrien, doit notamment rencontrer son homologue russe Sergueï Lavrov. La Russie et l'Iran aident Damas dans la lutte contre les terroristes et enregistrent d'importants triomphes contre Daech, illustrés par la reprise de nombreuses provinces, dont Palmyre. Le président russe s'est exprimé au moment où les chefs de la diplomatie des deux puissances s'entretenaient à Moscou sur la Syrie. "Nous allons œuvrer [avec les Russes, NDLR] en vue d'une enquête internationale".

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M. Poutine a, lui, estimé que les relations bilatérales s'étaient détériorées depuis l'arrivée à la Maison Blanche de M. Trump qui avait pourtant prôné au début de sa présidence un rapprochement avec Moscou. Les autorités russes demandent une enquête impartiale sur cette affaire avec l'implication de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

"Nous ne possédons pas d'armes chimique", ajoute Bachar al Assad, prévenant que son pays n'acceptera qu'une "enquête impartiale".

A Moscou, M. Tillerson, qui avait semblé s'accommoder fin mars d'un maintien au pouvoir du président syrien, a réclamé le départ "organisé" de M. Assad dans le cadre d'une transition politique.

Mais M. Lavrov a rappelé les précédents chaos provoqués selon lui par les chutes des "dictateurs" Saddam Hussein ou Mouammar Kadhafi.

Moscou intervient militairement en soutien à Damas depuis septembre 2015 et les Etats-Unis pilotent depuis septembre 2014 une coalition internationale anti-jihadistes. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

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