Le Président Erdogan défie les européens — Turquie

21 Avril, 2017, 01:13 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Un homme lit le quotidien Sabah le 17 avril 2017 à Istanbul en Turquie

Le CHP va présenter au Haut Conseil électoral (YSK), mardi 18 avril, une demande d'annulation du référendum sur le renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, remporté de peu par ce dernier, dimanche.

Contrairement à Donald Trump, qui a félicité M. Erdogan pour sa "victoire" lors d'un entretien téléphonique lundi soir, Bruxelles a appelé Ankara à une "enquête transparente sur les irrégularités présumées" commises lors de ce référendum constitutionnel qui élargit considérablement ses prérogatives.

Coutumier des tensions avec les Européens, Recep Tayyip Erdoğan a cependant rejeté par avance tout rapport critique qui pourrait venir de leur part: " nous ne voyons et nous ne tenons pas compte de tout rapport que vous pourriez préparer ", a-t-il lancé à ses supporters. Les deux principaux partis d'opposition, le CHP (social-démocrate) et le HDP (prokurde) dénoncent pour leur part des " manipulations évidentes " pendant le scrutin et exigent un recomptage des voix. Cela peut signifier que le président n'a pas complétement confiance dans l'état d'esprit du pays et qu'il craint que la situation ne se tende particulièrement à cause des résultats, parce que finalement, aujourd'hui, il n'y a plus d'opposition légale possible en Turquie.

" Des modifications tardives dans la procédure de comptage [des voix] ont supprimé un important garde-fou " contre les fraudes, a confirmé le rapport des observateurs européens.

Comment voyez-vous l'avenir des relations de la Turquie d'Erdogan avec l'Union européenne (UE)? Une telle mesure signerait la fin des efforts de la Turquie pour rejoindre l'UE.

"L'Union européenne menace de geler les négociations".

M. Erdogan a ajouté que la Turquie et les États-Unis étaient des partenaires stratégiques et des alliés de l'Otan, ce qui les incite à renforcer leur coopération. Ils sont appelés à dire par référendum s'ils sont d'accord pour donner davantage de pouvoir à leur président Recep Tayyip Erdogan.

Accueilli par une foule de partisans devant l'aéroport Esenboga, M. Erdogan s'est dirigé en cortège vers le palais présidentiel, sous les vivats de supporters massés le long des routes.

Pour le moment, quelques milliers de personnes sont descendues dans les rues, notamment à Istanbul.

Les autorités turques affirment que M. Gülen est l'instigateur de la tentative de coup d'Etat du 15 juillet, ce que l'intéressé nie catégoriquement. Il a occupé le poste de chef du gouvernement entre 2003 et 2014, avant d'être élu président. L'opposition a de son côté dénoncé des 'manipulations' et annoncé qu'elle contesterait ce résultat. C'est de cette manière qu'il gouverne depuis le début, en ayant recours à des votations très régulières afin de retremper sa légitimité.

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