Les barrages se sont refermés — Guyane

21 Avril, 2017, 01:52 | Auteur: Christian Jacquard
  • Manifestation de soutien au mouvement social en Guyane le 15 avril 2017 place de la République à Paris

"Pour avoir une signature rapide, nous avons obligation de durcir le mouvement".

Le mouvement social paralysant la Guyane depuis un mois semblait s'approcher jeudi de son dénouement, avec une opération "ville morte" qualifiée par le collectif de "dernier uppercut" mais peu suivie à Cayenne, avant la possible signature d'un protocole d'accord de fin de conflit.

Les manifestants portent depuis un mois des revendications sécuritaires, économiques et sociales pour permettre au territoire d'outre-mer de rattraper son retard sur l'Hexagone.

Le collectif Pou la Gwiyann dékolé ("Pour que la Guyane décolle") entend rester mobilisé jusqu'à la signature d'un protocole d'accord avec le gouvernement. Et plusieurs camions ont pu sortir des containers, contenant notamment des produits sensibles (aliments périssables, médicaments, etc.) après la décision du préfet de Guyane, Martin Jaeger, d'autoriser exceptionnellement les poids-lourds à circuler durant le week-end pascal.

Un protocole d'accord de sept pages, élaboré par le collectif "Pou la Gwiyann dékolé" qui coordonne le mouvement social "pour suspendre le mouvement sous sa forme actuelle", a été envoyé le 16 avril au gouvernement, qui en a accusé réception. "Une fois qu'il est signé, les barrages sont levés", a expliqué M. Rimane. "J'estime que maintenant nous devons passer à une phase de mise en oeuvre des accords" et que "nous puissions revenir à la normale", a-t-il insisté. Le collectif prévoit "une rencontre entre le préfet, le collectif et les élus, afin d'entériner les derniers points sujets de discussions".

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Parmi les éléments "positifs" de la proposition d'accord de l'exécutif, le gouvernement "légitime les 2,1 milliards" supplémentaires réclamés par le collectif, alors que le Premier ministre avait d'abord parlé de revendications "irréalistes", a relevé M. Rimane. Mais le gouvernement veut intégrer cela dans un futur "plan de convergence" (prévu par la loi égalité réelle outre-mer), ce que ne souhaite pas le collectif.

Les protestataires demandent également "la rétrocession totale du foncier" et posent deux points "non négociables": "l'ouverture d'une consultation citoyenne" sur l'avenir institutionnel de la Guyane et la garantie qu'aucun manifestant ayant participé au mouvement ne soit sanctionné, alors que la justice a ordonné des contrôles de police sur les barrages, à la suite de plaintes de particuliers pour "entrave à la circulation".

Là encore, un discours différent de celui du préfet, qui a affirmé que s'il n'était "pas hostile" à ce que d'éventuelles plaintes de l'administration n'aboutissent pas, il ne donnait "pas d'ordre au procureur".

Selon M. Mancée, "quel que soit le gouvernement qui sera là (après la présidentielle, ndlr), ce qu'on demande, il va être obligé de nous le donner".

Le collectif, composé de socio-professionnels, d'associations, de syndicats et d'élus, s'est réuni jeudi pendant trois heures en assemblée générale et a refusé qu'une délégation se rende à Paris pour rencontrer le président français François Hollande. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP.

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