L'opposition défie Maduro, trois morts dans les manifestations — Venezuela

21 Avril, 2017, 19:29 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Venezuela: l'armée déployée avant une manifestation de l'opposition

Les opposants et les partisans du président actuel Nicolás Maduro se sont encore affrontés dans les rues de Caracas ce mercredi.

Un militaire a été tué par des manifestants dans la périphérie de Caracas, selon le pouvoir. Un homme a été tué par balle dans la nuit de jeudi à ce vendredi à Caracas, la capitale, lors des manifestations contre le président Nicolas Maduro, annonce le maire du quartier de Sucre, où le drame a eu lieu.

Mercredi 19 avril, lors de manifestations qui ont mobilisé des centaines de milliers d'opposants à Caracas et dans de nombreuses autres villes du Venezuela, deux manifestants et un membre de la Garde nationale ont été tués, portant à huit le nombre de morts depuis trois semaines.

Le jeune homme de 17 ans est décédé de ses blessures après avoir été touché par des tirs d'un groupe d'inconnus à moto ayant aussi lancé des grenades de gaz lacrymogène sur des opposants qui manifestaient à San Bernardino, dans le nord-ouest de Caracas, a déclaré à l'AFP Amadeo Leiva, directeur de la clinique où il avait été transporté.

Un prêtre de 42 ans était au nombre des manifestants, accusant le gouvernement de violer les droits de la population à se nourrir et à s'exprimer librement.

"Cette politique du deux poids - deux mesures menée par ces gouvernements pour valider la violence vandale de l'opposition est vulgaire". Le parquet a seulement confirmé à l'AFP la mort d'un militaire.

Nicolas Maduro est un "président véritablement chaviste (du nom de Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013, ndlr) que les forces armées admirent profondément", a affirmé le général Padrino Lopez, balayant ainsi les fissures apparues ces dernières semaines dans le clan présidentiel, avec notamment de dures critiques formulées par la procureure générale de la Nation. Une vingtaine de stations de métro et de nombreux commerces de Caracas étaient fermés.

Freddy Guevara, vice-président de l'Assemblée nationale contrôlée par l'opposition, l'avait appelée la "mère de toutes les manifestations ".

M. Maduro avait accusé auparavant à la radio et la télévision les "Etats-Unis" d'avoir donné leur "feu vert (.) à un processus putschiste effronté en vue d'une intervention au Venezuela".

"Nous sommes préoccupés par le fait que le gouvernement de Maduro viole sa propre Constitution et n'autorise pas l'opposition à faire entendre sa voix ni à s'organiser de façon à exprimer l'opinion du peuple vénézuélien", a renchéri le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, reflétant la montée de la pression internationale sur le Venezuela ces derniers jours.

M. Maduro a activé mardi un plan de défense renforçant la présence policière et militaire pour "démanteler le coup d'Etat terroriste" fomenté selon lui par les Etats-Unis, des accusations fermement rejetées par Washington.

"L'opposition est plus unie que jamais", explique l'analyste Luis Vicente Leon, jugeant "probable" que la manifestation de mercredi soit "la plus grande contre le chavisme".

"Cette manifestation mettra en évidence la force de mobilisation de l'opposition et les coûts que cela peut potentiellement générer pour le gouvernement s'il continue d'éviter des élections à court terme", estime aussi le politologue John Magdaleno.

Cette vague de protestations avait démarré le 1er avril après la décision de la Cour suprême, réputée proche de Maduro, de s'arroger les pouvoirs du Parlement, déclenchant un tollé diplomatique qui l'a poussée à faire machine arrière 48 heures plus tard. Il a pourtant assuré mercredi souhaiter des élections "bientôt", pour "gagner définitivement" la bataille.

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