L'opposition veut faire annuler le scrutin — Turquie

21 Avril, 2017, 00:50 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Turquie campagne inéquitable selon les observateurs internationaux

Ceux-ci réclamaient l'annulation du référendum constitutionnel de dimanche sur l'extension des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan en invoquant des fraudes. Erdogan a déclaré en outre que la Turquie organiserait si nécessaire un référendum sur une suspension de ses négociations d'adhésion à l'Union européenne.

Les deux principaux partis de l'opposition turque, le CHP (social-démocrate) et le HDP (prokurde), sont allés plus loin et ont dénoncé des "manipulations" pendant le scrutin et annoncé leur intention de demander le recomptage des voix.

En cause, la décision prise par le Haut-Conseil électoral (YSK), peu après le début du dépouillement des bulletins de vote, de considérer comme valides ceux non marqués du sceau officiel des autorités électorales. "Nous ne voyons et nous ne tenons pas compte de tout rapport que vous pourriez préparer", a-t-il ajouté.

"Ils nous font attendre à la porte de l'Union européenne depuis 54 ans, n'est-ce pas?" Paris a mis en garde lundi contre le rétablissement de la peine capitale, régulièrement évoqué par M. Erdogan, qui provoquerait une "rupture".

Fadi Hakura, du centre d'analyses londonien Chatham House, estime que M. Erdogan ne changera pas ses méthodes après le référendum.

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Le président Erdogan a placé les relations avec l'UE au coeur de la campagne, critiquant Bruxelles pour l'absence de progrès dans les discussions en vue de l'intégration de la Turquie et usant du qualificatif de "nazi" à l'égard de l'Allemagne et des Pays-Bas, qui ont interdit les meetings électoraux aux communautés turques sur leur territoire.

Accueilli par une foule de partisans devant l'aéroport Esenboga, M. Erdogan s'est dirigé en cortège vers le palais présidentiel, sous les vivats de supporters massés le long des routes.

Dans la soirée, le Conseil national de sécurité turc a approuvé la prolongation de l'état d'urgence, pour la troisième fois depuis son entrée en vigueur après le putsch avorté de juillet. "Il risque de mettre les bouchées doubles sur sa ligne très dure et son style de politique sans compromis".

Mais pour Murat Yetkin, rédacteur en chef du quotidien anglophone Hurriyet Daily News, "cette victoire étriquée ne l'autorisera pas à agir aussi librement qu'il le pourrait avec une marge plus importante".

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