Pourquoi le retour d'Internet ne règle pas tout — Cameroun

21 Avril, 2017, 19:48 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Cameroun : Paul Biya ordonne le rétablissement de l'Internet dans les régions…

Après trois mois de coupure, Paul Biya ordonne le rétablissement d'Internet.

Trois mois après la décision du gouvernement camerounais d'interdire l'usage de l'internet dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, les habitants de la partie anglophone du pays vont à nouveau renouer avec l'internet, suite à une décision du chef de l'Etat Paul Biya lue jeudi soir à la radiotélévision publique (CRTV).

Le président camerounais avait ordonné, le 17 janvier dernier, la coupure d'Internet dans deux régions pour étouffer le soulèvement populaire des anglophones contre leur marginalisation.

Selon le porte-parole du gouvernement Issa Tchiroma Bakary, " instruction a été donnée aux opérateurs de la téléphonie de rétablir Internet dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest avec effet immédiat (.).

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Selon un journaliste résident dans la ville de Buéa, en zone anglophone, cité par l'AFP, l'internet a été rétabli vers 17h GMT.

"Les conditions ayant présidé à la suspension provisoire d'internet dans cette partie du territoire national ont fortement évolué", indique un communiqué gouvernemental signé par M. Tchiroma. "Le niveau de la violence a baissé, les journées "ville morte" n'ont plus lieu d'être, les étudiants sont en classe et la vie retrouve son cours normal", a détaillé le porte-parole du gouvernement.

Fin mars, la ministre des Télécommunications avait pour la première fois, reconnu à demi-mot, que les autorités étaient à l'origine de la coupure, la plus longue jamais enregistrée en Afrique.

Toutefois, l'ONG regrette la violation des libertés fondamentales, notamment celles qui concernent la communication, " nous regrettons qu'il ait fallu 94 jours de violation des libertés fondamentales - notamment d'expression, communication, d'opinion et de la presse - plus de 4 millions d'euros de pertes économiques estimées, pour que le gouvernement camerounais mette fin à une mesure non nécessaire et disproportionnée", ajoute Julie Owono. Le mouvement revendique le retour au fédéralisme, alors que sa frange minoritaire réclame carrément l'indépendance du Cameroun anglophone.

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