Un campement sauvage abritant 300 migrants évacué — Grande-Synthe

21 Avril, 2017, 02:00 | Auteur: Gerard Affre
  • Un groupe de migrants dans le camp de Grande-Synthe dans le nord de la France le 21 mars 2017           PHILIPPE HUGUEN- AFP  Archives

A 00H50, 165 personnes avaient été mises à l'abri, selon la préfecture. "Il faudra les convaincre de partir vers des CAO, leur dire qu'une toile de tente dans une forêt c'est nul et qu'un centre d'accueil et d'orientation c'est mieux", a-t-il affirmé.

Une rixe ayant opposé plusieurs centaines de migrants afghans et kurdes est à l'origine de l'incendie, selon les autorités. Cette rixe avait nécessité l'intervention de CRS en fin de journée, à l'aide de grenades lacrymogènes et d'une grenade de désencerclement, indique Le Parisien. Selon le Centre opérationnel d'incendie et de secours (Codis) du Nord, il y aurait eu au moins une dizaine de blessés, mais aucun décès n'est pour l'instant recensé. Les Afghans étaient mécontents d'être parqués dans les cuisines collectives tandis que les Kurdes dormaient dans des chalets dont le nombre n'a pas été accru. "A l'AFP Olivier Caremelle, directeur de cabinet du maire de Grande-Synthe, déclare qu'" il a dû y avoir des mises à feu volontaires en plusieurs endroits différents, ce n'est pas possible autrement ".

A 40 km à l'est de Calais, se dessinait en plus réduite et improvisée cette fois, une opération analogue à celle menée fin octobre pour acheminer dans des CAO environ 6.000 migrants de la "Jungle" de Calais, démantelée alors.

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"A ce que je peux voir par moi-même, tout a brûlé". Pour éviter que les débordements ne se reproduisent, les communautés ont été séparées: selon nos informations, l'un des trois gymnases est dévolu uniquement aux ressortissants afghans, les deux autres hébergeant en priorité des réfugiés kurdes. "Mais il est impossible de parcourir tout le camp et donc de se faire une idée vraiment précise de l'étendue des dégâts", a témoigné de son côté M. Caramelle.

Le maire écologiste de Grande-Synthe, Damien Carême, qui avait fait bâtir le camp en dur malgré l'opposition de l'Etat, a renvoyé dos-à-dos tous les prétendants à l'Elysée: "chaque candidat, qu'il le veuille ou non, doit intégrer le problème de la prise en charge de la migration en France", a-t-il dit mardi.

Les ministres de l'Intérieur et du Logement, Matthias Fekl et Emmanuelle Cosse, étaient attendus sur place dans l'après-midi. Cet incendie est "l'exemple que le gouvernement n'a pas su prendre en compte les événements qui se sont passés à Calais", a insisté Natacha Bouchart, dans une allusion aux nombreux incidents qui avaient émaillé le quotidien de la "Jungle" calaisienne.

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