Présidentielle: La France est secouée par un "big bang"

24 Avril, 2017, 17:46 | Auteur: Djeferson Maurice
  • Voici la une du lundi 24 avril 2017 du quotidien belge Le Soir

Jusque-là, la candidate du Front national avait fait la course en tête, alors que remontaient d'abord les résultats des petites communes.

En Russie, les médias officiels ne cachaient pas leur préférence pour Marine Le Pen. Le candidat d'En marche! promet la création de 10.000 emplois de policiers et de gendarmes et la mise en place d'un renseignement "réactif et efficace" pour lutter contre le terrorisme, en dehors des frontières dans le cadre de la coalition. Benoît Hamon obtient 6,3 % des voix et Nicolas Dupont-Aignan talonne le candidat socialiste avec 4,7 % des voix. Elle tiendra jeudi soir un meeting d'entre-deux-tours à Nice, bastion de la droite qui a placé François Fillon devant elle d'un gros millier de voix.

Emmanuel Macron (25,1%) a également attiré les artisans, commerçants et chefs d'entreprise. "La droite K. -O.", se désole Le Figaro, qui constate qu'" ainsi donc, l'imperdable a été perdu ".

Sans surprise, les " catégories socioprofessionnelles supérieures " ont largement préféré Emmanuel Macron (28 %) à Marine Le Pen (15,7 %). Il a également séduit en Bretagne, terre natale de Benoît Hamon, avec 30.26% en Ile-et-Vilaine et 29.45% dans le Finistère. Alors que nombre de frontistes imaginaient leur candidate première avec les 27,73% du premier tour des régionales de 2015 comme plancher, Marine Le Pen est finalement deuxième avec environ 22% des voix, un ou deux points derrière Emmanuel Macron.

Reste le second tour: il ne va pas être si simple.

Christine Boutin, ancienne présidente du Parti chrétien démocrate (PCD), juge l'adhésion "possible" au vote Le Pen.

Il n'a pas indiqué s'il souhaitait un débat télévisé face à Mme Le Pen, ce qu'avait refusé Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen en 2002.

Certes, le Front National n'a jamais eu autant d'électeurs avec plus de 7,5 millions de voix, soit 21,43 % des suffrages exprimés hier.

Pierre Laurent (PCF) "Responsabilités" "Nous prenons nos responsabilités parce que l'accession à l'Élysée de Marine Le Pen serait trop grave pour le pays, pour la sécurité du monde", a déclaré le secrétaire général du Parti communiste qui ne se reconnaît cependant pas dans le programme d'Emmanuel Macron qu'il "faudra combattre demain", a-t-il ajouté, disant qu'il fallait désormais "reconstruire la gauche". Il n'empêche que le projet du Front national (FN), "projet anti-libéral et de rupture avec l'Union européenne, est aux antipodes de celui d'Emmanuel Macron", souligne La Croix. Plusieurs personnalités les ont suivis dont Jean-Christophe Cambadélis, Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault, Ségolène Royal, Claude Bartolone, mais aussi, à droite, Alain Juppé, NKM, ou encore Christian Estrosi.

Jean-Louis borloo "Soutien total" "Emmanuel Macron devra porter le renouveau politique, la modernité, la solidarité et la cohésion dont la France a tant besoin", a estimé l'ancien ministre de François Fillon, en apportant son "soutien total" à Emmanuel Macron.

Invité de France 2, Brice Teinturier, politologue et directeur de l'Institut de sondages IPSOS, voit ce second tour comme un duel entre deux France: "Les électeurs d'Emmanuel Macron plus aisés, plus optimistes, plus ouverts à la mondialisation et plus préoccupés des enjeux économiques, et ceux de Marine Le Pen qui représentent tout le contraire, c'est-à-dire, plus populaires et inquiets car ils sont taraudés par les enjeux d'immigration, d'insécurité et de terrorisme". Le discours d'Emmanuel Macron peine à séduire cette frange de la population: seuls 16,8 % des employés et 13,4 % des ouvriers ont voté pour lui.

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