USA: aucun homme politique n'est traité "plus injustement" que moi, estime Trump

18 Mai, 2017, 15:03 | Auteur: Nathanaël Gerin
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La décision du ministère survient a près la révélation jeudi que le directeur du FBI James Comey, limogé la semaine passée, a rédigé un mémo relatant le demande de Donald Trump d'abandonner une enquête ouverte sur l'ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn. M. Comey aurait tout consigné dans des notes, qui ont commencé à fuiter dans la presse.

Le milliardaire républicain, qui se plaignait encore le matin d'être maltraité par les médias, a réagi sèchement par voie de communiqué, sans mentionner M. Mueller. La Maison Blanche ne conteste pas le fond de ces révélations mais insiste que le partage d'informations est une prérogative absolue du président.

Au Congrès, la majorité républicaine avait rejeté les appels à un procureur spécial mais exprimait depuis des jours son malaise face aux interventions du président dans l'enquête.

Le puissant Mitch McConnell, gardien de la feuille de route républicaine au Sénat, a regretté les "psychodrames" à répétitions, une rare admonestation.

En annonçant la nomination de Robert Mueller, le numéro deux de la Justice, Rod J. Rosenstein, a dit avoir agi " dans l'intérêt public ".

Mais la plupart des élus savent que le témoignage de James Comey sera déterminant pour l'avenir de la présidence Trump. "J'en ai marre des fuites et des insinuations".

"Nous avons besoin des faits", a déclaré le président de la Chambre, Paul Ryan, appelant à garder la tête froide. Fait-il toujours confiance au président?

Des fissures commençaient même à apparaître dans la digue républicaine.

Concrètement, M. Mueller devient le chef de l'enquête et sera beaucoup plus indépendant qu'un procureur normal ou que le patron du FBI. Mais il disposera d'une plus large autonomie vis-à-vis de la hiérarchie habituelle et pourra réclamer des effectifs supplémentaires pour son enquête.

L'un d'eux est le sénateur John McCain, ennemi politique de Donald Trump, qui a comparé la situation, par son ampleur, au scandale du Watergate qui fit tomber Richard Nixon en 1974.

Un autre est Justin Amash.

Et de fait, la commission du Renseignement du Sénat américain a pressé mercredi, dans une lettre, l'ex-directeur du FBI James Comey de venir témoigner lors d'une audition publique, ainsi qu'à huis clos devant le sénateurs, sur les circonstances de son limogeage par Donald Trump qui sont controversées.

La commission, qui enquête sur les ingérences russes durant la campagne présidentielle de 2016, a également formellement demandé au directeur par intérim du FBI, Andrew McCabe, la production de toute note rédigée par l'ancien directeur "sur tout échange qu'il aurait eu avec de hauts responsables de la Maison Blanche et du ministère de la Justice et relatif aux investigations sur les actions russes". On ignorait si M. Comey avait accepté cette invitation à témoigner, que nombre d'élus du Congrès réclament avec insistance.

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