La défense bancale de Donald Trump — FBI

19 Mai, 2017, 09:56 | Auteur: Phil Beauvilliers

Donald Trump a admis ce jeudi 11 mai que l'enquête sur son équipe de campagne et de potentielles collusions avec la Russie était l'une des raisons qui l'avait poussé à renvoyer le directeur du FBI James Comey le 9 mai.

Selon l'institut Gallup, 46% des Américains désapprouvent la décision, contre 39% qui l'approuvent.

Le président a indiqué, jeudi, dans un entretien à NBC avoir eu deux conversations téléphoniques et un dîner, avec James Comey au cours desquels il a demandé s'il était visé par l'enquête du FBI sur une collusion avec la Russie.

La mention d'enregistrements a immédiatement agité toute la capitale, politiques et médias se demandant si le milliardaire enregistrait ses conversations privées, comme son prédécesseur Richard Nixon (1969-1974). Et ce vendredi, il a sous-entendu qu'il pourrait enregistrer ses conversations, une manie qui avait coûté cher à l'ancien président américain qui avait dû démissionner. "Ce n'est pas une menace". Il a seulement mis en en avant des faits.

Toujours dans la même série de tweets, Donald Trump a envisagé de supprimer les conférences de presse organisées quotidiennement à la Maison blanche.

Quand bien même Mike Rogers, directeur de la NSA, a prévenu n'avoir qu'une " confiance modérée " dans une telle infiltration et sans minimiser les velléités russes d'influencer la politique américaine, les Démocrates semblent oublier également qu'en cas d'élection d'Hillary Clinton, James Comey aurait probablement été renvoyé immédiatement.

Il lui est reproché d'avoir commenté publiquement l'affaire Clinton durant la campagne, contrairement à l'usage au FBI mais à la grande satisfaction, à l'époque, du candidat républicain.

Il est difficile de croire que ce renvoi intempestif n'est en rien relié aux enquêtes criminelles que mène le FBI sur des liens possibles entre des membres de l'équipe de campagne du président et la Russie.

Le degré de colère du 45e président américain était perceptible dans la tirade de six tweets matinaux vendredi.

Le président républicain introduit de la confusion entre les différents volets de l'enquête.

Trump martèle que ces accusations de collusion sont "un canular complet" et les enquêtes du FBI et du Congrès "une mascarade au frais du contribuable".

L'opposition démocrate reste toutefois inquiète de ces événements au sein du système judiciaire, et continue de réclamer la nomination d'un procureur spécial pour superviser l'enquête, mais aucun élu républicain ne soutient cette demande, qui a peu de chance d'aboutir sans pression de la part de la majorité.

James Comey a été nommé à la tête du FBI en 2013, pour une période de 10 ans.

Selon M. Trump, les deux hommes en avaient parlé une première fois lors d'un " dîner très sympa ".

Son numéro deux Rod Rosenstein joue donc un rôle central avec un renforcement de sa capacité de supervision de l'enquête menée par le FBI.

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