Report de la désignation du gouvernement — France

19 Mai, 2017, 15:59 | Auteur: Djeferson Maurice
  • Le maire du Havre Edouard Philippe le 11 mai 2017 au Havre

Le nouveau président français a nommé mercredi le premier gouvernement de son quinquenat, une équipe paritaire de 18 ministres, issus de la gauche, de la droite, du centre et de la société civile, qui sera pilotée par Edouard Philippe, venu de la droite modérée. Il y a cinq ministres issus du centre et de la droite: trois centristes du MoDem - François Bayrou (Justice), Sylvie Goulard (Armées) et Marielle de Sarnez (Affaires européennes) - et deux issus du parti de droite Les Républicains (LR): Bruno Le Maire (Économie) et Gérald Darmanin (Action et comptes publics).

Le nouveau président de la République "fixera à cette occasion les grandes orientations de son quinquennat et la feuille de route du gouvernement", mais aussi "la méthode de l'action gouvernementale qui doit reposer sur deux piliers: la collégialité, et l'action collective", explique-t-on à l'Elysée. L'ancien animateur de télévision et militant écologiste sans étiquette Nicolas Hulot, 62 ans, jusqu'ici réticent à intégrer un gouvernement, a franchi le pas et devient ministre de la " Transition écologique et solidaire ".

Emmanuel Macron a promis une équipe resserrée, compatible avec le renouvellement politique mis en avant pendant l'élection présidentielle. Mounir Mahjoubi, qui a joué un rôle clé dans la campagne, est nommé quant à lui secrétaire d'Etat au numérique à 33 ans.

À gauche, Gérard Collomb hérite de l'Intérieur. Le ministre socialiste sortant de la Défense Jean-Yves Le Drian reste au gouvernement comme "ministre de l'Europe et des Affaires étrangères".

Autres nominations médiatiques à forte portée symbolique: celle de la championne d'escrime (médaille d'or aux JO de 1996) Laura Flessel qui devient ministre des Sports et celle de l'éditrice Françoise Nyssen, patronne d'Actes Sud, au ministère de la Culture.

Ministre des Solidarités et de la Santé: Agnès Buzyn.

La désignation à l'Education nationale, très gros ministère toujours sensible, de Jean-Michel Blanquer, directeur général de l'Essec, l'une des écoles de commerce les plus prestigieuses au monde, a déjà provoqué des commentaires inquiets à gauche. Parmi elles, on retrouve quelques "papables" comme les ex-candidats à la primaire de la droite Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire, l'ancien ministre Jean-Louis Borloo et le député de Seine-et-Marne Franck Riester.

Avec la nomination du Premier ministre Edouard Philippe, proche d'Alain Juppé, le camp Macron espérait débaucher dans les rangs de la droite afin de provoquer un effet domino et amener une partie des Républicains à rejoindre La République En Marche! en vue des législatives de juin. (Ils ont tous deux été immédiatement condamnés par des ténors des Républicains).

Dans ce gouvernement, dont la composition a été annoncée mercredi, la parité est presque parfaitement respectée, avec onze femmes et onze hommes et autant de ministres de plein exercice de l'un comme de l'autre sexe, même si la présence d'Emmanuel Macron et du Premier ministre fera pencher la balance du côté masculin.

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