Affaire Grégory: la grand-tante inculpée pour enlèvement et séquestration (proche dossier)

17 Juin, 2017, 14:36 | Auteur: Gerard Affre

Marcel Jacob, 72 ans, était en mauvais termes avec le père de Grégory, dont il considérait l'ascension sociale illégitime.

"Grégory a été enlevé du domicile de ses parents, il a été séquestré et retenu pendant un certain temps jusqu'à sa mort (...) Les personnes qui ont participé à son enlèvement sont responsables de sa mort (...) Le corbeau est composé de deux personnes", a poursuivi le procureur. "Mme Thuriot, épouse Jacob, et M. Jacob ont été mis en examen pour la qualification d'enlèvement et séquestration de l'enfant Grégory". Si le petit Gregory, noyé pieds et mains liés dans la Vologne le 16 octobre 1984, a trouvé depuis longtemps son épitaphe, l'affaire Grégory, elle, ne semble pas près de connaître son épilogue.

Jacqueline Jacob, 85 ans, tante de Jean-Marie Villemin, père de l'enfant assassiné, a quitté le Palais de justice de Dijon mise en examen et escortée par plusieurs gendarmes avant de monter dans un véhicule, a constaté un journaliste de l'AFP.

Jacqueline et Marcel Jacob, la grand-tante et grand-oncle du petit Grégory, ont été mis en examen vendredi pour enlèvement et séquestration suivie de mort et incarcérés de manière provisoire dans deux établissements pénitentiaires de Bourgogne. Pendant sa garde à vue, Jacqueline Jacob serait restée mutique, selon des sources proches du dossier.

Le couple a nié toute implication et ne présente pas en l'état d'alibi qui soit confirmé ou étayé, a affirmé devant la presse le procureur de la République Jean-Jacques Bosc. Il vient à peine de se rendre compte que ce n'était pas un cauchemar. "Jacqueline Jacob a fait valoir son droit au silence mais son mari s'est exprimé et a nié les faits", a-t-il ajouté.

De nouvelles expertises sur une lettre de menaces, manuscrite et anonyme, adressée au père de Grégory en 1983, avant la mort de l'enfant, orientent les soupçons des enquêteurs sur Jacqueline Jacob. Elle n'a par la suite pas été davantage inquiétée malgré la proximité des liens du couple avec Bernard Laroche, l'un des principaux suspects à l'époque.

Le magistrat a néanmoins a précisé que "Marcel Jacob dissimule contre l'évidence ses antagonismes parfois violents avec les parents de Grégory, ce qui rend ses déclarations peu crédibles". Une mise en examen doit porter sur des indices graves et concordants. Le procureur voit aussi dans l'attitude du couple, qui nie le conflit ou certains rapports verbaux violents entre eux et les Villemin, une preuve de leur mauvaise foi qui, selon lui, les accuse. Je pense qu'il y a un piège et qu'ils vont nous sortir de nouveaux éléments lundi.

L'affaire a été relancée grâce notamment au logiciel d'analyse criminelle Anacrim, qui a permis de porter "un regard neuf sur la procédure" en reconstituant la chronologie avant et après le crime et en pointant des incohérences.

Par ailleurs, les enquêteurs ont retrouvé des notes du suspect dans lesquelles il affirme qu'il n'est pas le meurtrier de l'enfant, selon une source proche du dossier.

11h30: A ses débuts, l'enquête a d'abord soupçonné Bernard Laroche, finalement remis en liberté le 4 février 1985 mais convaincu de sa culpabilité, Jean-Marie Villemin l'a tué d'un coup de fusil de chasse.

En juillet 1985, le juge Jean-Michel Lambert opérait un spectaculaire revirement, portant ses soupçons vers la mère de Grégory, Christine Villemin, qui sera innocentée en 1993 au terme d'un non-lieu retentissant.

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