L'analyse graphologique, la clé de l'enquête — Affaire Grégory

17 Juin, 2017, 23:17 | Auteur: Sebastien Chopin

Jacqueline et Marcel Jacob, mis en examen vendredi par la justice dans l'affaire Grégory pour enlèvement, séquestration suivie de mort, sont la grand-tante et le grand-oncle du petit garçon assassiné en 1984 à l'âge de 4 ans. Une mise en examen qui, si il ne désigne pas explicitement Jacqueline et Marcel Jacob comme les auteurs du meurtre, s'en rapproche néanmoins.

Harcelée par un corbeau à partir de 1981 jusqu'à la mort de Grégory en 1984, la famille Villemin s'est peu à peu déchirée sur fond de rancoeurs et de jalousies. Lui et son épouse Christine reçoivent des appels tantôt silencieux, tantôt avec de la musique.

La grand-mère, le corbeau?

Les appels sont ensuite remplacés par des lettres, écrites entre 1983 et 1985.

Ils avaient été placés en garde à vue mercredi dans un spectaculaire rebondissement de cette affaire, plus de 32 ans après la découverte du corps du petit Grégory, pieds et poings liés, dans la Vologne le 16 octobre 1984. La dernière fois remonte à 2008, lorsque "le procureur général du tribunal de grande instance de Bordeaux avait, à la demande des parents de Grégory, accepté de faire de nouvelles analyses ADN, notamment sur le pantalon de l'enfant", explique Dominique Rizet, spécialiste police-justice de BFMtv.

La grand-mère, Monique Villemin, 85 ans aujourd'hui, serait quant à elle l'auteur d'une lettre de menaces datant de 1989, adressée au juge Maurice Simon, alors chargé de l'instruction et décédé depuis. Je ne peux pas vous dire qui a tué Grégory Villemin, a donc indiqué Jean-Jacques Bosc. Le parquet général a par ailleurs requis une mise en examen pour "séquestration" à l'encontre de Marcel Jacob, son époux, selon son avocat. Ce courrier manuscrit anonyme, déposé dans les volets de Jean-Marie Villemin en 1983, soit un an avant le drame, comporte plusieurs indices déterminants, dont l'emploi du terme "chef".

Concernant le meurtre du petit Grégory, le magistrat s'est enfin voulu encore plus prudent. "J'espère que tu mourras de chagrin, le chef". Ce n'est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. "Voilà ma vengeance, pauvre con".

Valérie Jacob craint le résultat de l'enquête. Finalement entendue deux ans plus tard, elle s'était montrée particulièrement réticente à répondre aux questions. "Non, c'est pas lui. ils font erreur", soutient le frère de Marcel, René Jacob. "L'éventualité d'une absence momentanée de leur lieu de travail ne saurait être exclue", avaient considéré les enquêteurs de l'époque.

Le procureur Jean-Jacques Bosc a révélé lors de cette conférence de presse que plusieurs individus avaient joué un rôle important dans l'assassinat du petit Grégory.

Ils ne sont pas étonnés que cela se passe dans l'espace familial, ils le savent depuis le départ.
La corrélation a été établie grâce à la similitude de certains termes.

Mardi 20 juin, la chambre de l'instruction devra statuer sur la suite de la procédure, dans un débat contradictoire entre le parquet, le juge et les avocats, les mis en examen se verront notifier soit leur maintien en détention, soit leur placement sous contrôle judiciaire. Ils ont nié en l'état toute participation aux faits qui leur sont reprochés.

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