Le clan Jacob-Villemin au cœur de l'enquête — Affaire Grégory

17 Juin, 2017, 13:21 | Auteur: Gerard Affre
  • Le village du petit garçon retrouvé mort en 1984

On n'a aucun élément matériel à leur encontre", ne décolérait pas, hier soir, Me Stéphane Giuranna, l'avocat de Marcel Jacob.Son client de 72 ans et sa femme Jacqueline Jacob, même âge, ont été mis en examen, hier, pour "enlèvement et séquestration suivie de la mort de l'enfant"-celle de Grégory Villemin, 4 ans, le 16 octobre 1984, dans les Vosges-et écroués provisoirement".

Le couple nie son implication, a précisé le procureur de la République de Dijon, Jean-Jacques Bosc, lors d'un point sur l'enquête en fin d'après-midi. Les grands-parents paternels de l'enfant ont eux été entendus comme témoins, à leur domicile dans les Vosges.

Selon une source proche du dossier, Jacqueline Jacob est restée mutique en garde à vue et son mari s'est contenté d'affirmer qu'il ne se rappelait de rien face aux gendarmes, qui tentent de démêler les haines qui déchiraient la famille.

A ce stade, "les investigations montrent que plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime", avait affirmé jeudi le procureur Bosc, devant la presse. Les Jacob "ne présentent pas en l'état d'alibi qui soit confirmé ou étayé", a-t-il ajouté. "Le dossier révèle l'existence d'un lien indissociable" entre la lettre anonyme de 1983 "et le courrier posté le jour du crime avant 17h15 et l'enlèvement de l'enfant", a détaillé le procureur général vendredi. D'autant plus que Marcel Jacob s'en était pris verbalement à Jean-Marie Villemin peu avant le drame.

Par le passé, les enquêteurs avaient soupçonné le couple Jacob d'être le mystérieux "corbeau", auteur de plusieurs lettres anonymes dont une revendiquant le meurtre. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon se prononcera la semaine prochaine sur un maintien en détention provisoire ou une mesure de contrôle judiciaire pour ce couple de septuagénaires.

L'affaire n'en est pas à son premier rebondissement: en juillet 1985, le juge Jean-Michel Lambert opérait un spectaculaire revirement, portant ses soupçons vers la mère de Grégory, Christine Villemin, finalement innocentée en 1993 au terme d'un non-lieu retentissant. La leçon a été tirée de ce fiasco: une véritable police technique et scientifique a depuis été mise sur pied.

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