Jeremy Corbyn : " Les électeurs ont dit qu'ils en avaient assez de l'austérité "

19 Juin, 2017, 11:55 | Auteur: Gerard Affre
  • Un policier mène la garde devant un bureau de vote à Tower Hamlets à Londres

Beaucoup d'électeurs ont en revanche indiqué refuser que les attentats revendiqués par le groupe État islamique, qui ont fait huit morts à Londres samedi et 22 morts à Manchester le 22 mai, aient un impact sur leur vote.

Mme May s'exprimait à l'issue d'une brève rencontre avec Elizabeth II à qui elle a officiellement demandé l'autorisation de former un nouveau gouvernement. Un soutien majeur qui lui procurera une brève majorité absolue. Établi à 68,72%, le taux de participation est le plus élevé pour des élections législatives depuis 1997, même s'il est inférieur à celui du référendum sur la sortie de l'Union européenne de juin 2016.

Le parti eurosceptique Ukip perd quant à lui son unique siège. Son leader Paul Nuttal a annoncé sa démission à la suite de cette défaite.

La première ministre britannique sortante Theresa May a confirmé vendredi qu'elle a l'intention de demeurer en poste avec l'appui du Parti unioniste démocrate (DUP), au lendemain d'une raclée électorale qui a coûté sa majorité parlementaire à son Parti conservateur.

La première ministre britannique est sur la sellette après avoir perdu, jeudi, sa majorité absolue au Parlement, onze jours avant le début des négociations pour le Brexit.

Au sein même des Tories, l'ancienne ministre Anna Soubry a estimé que la Première ministre devait envisager une démission. Elle reculait également face au dollar, à 1,2745 dollar pour une livre contre 1,2962 la veille. La Bourse de Londres a ouvert en hausse de 0,60% vendredi matin, les grandes multinationales cotées sur ce marché profitant de l'affaiblissement de la livre.

Theresa May avait convoqué le scrutin en avril, contrairement à ses propres engagements, en espérant surfer sur des sondages créditant son parti d'une avance de 20 points sur le Labour.

"May se bat pour rester Première ministre", titre le quotidien Daily Telegraph, pro-Brexit.

À Paris, le Premier ministre Edouard Philippe a jugé que ces résultats étaient "une forme de surprise" qui ne remettait cependant pas "en cause" le Brexit.

Le ton était plus conciliant du côté du négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, qui a assuré que Bruxelles attendrait que le Royaume-Uni soit "prêt" avant de débuter les négociations.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui aussi appelé à "faire le maximum pour éviter" une absence d'accord tandis que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, plus ferme, a mis en garde contre tout "retard supplémentaire" dans les négociations, affirmant que la Commission était prête.

Mike Finn, de l'université de Warwick, cité par l'AFP, estime que le Royaume-Uni s'expose "à une période de coalition ou à de nouvelles élections ".

Malgré ce résultat en retrait, le SNP arrive en tête dans la province qui s'était largement prononcée contre le Brexit, et sa dirigeante Nicola Sturgeon s'est dite toujours aussi déterminée à organiser un nouveau référendum d'autodétermination. "L'horloge tourne, le Royaume-Uni est profondément divisé", a pour sa part souligné, également sur Twitter, Manfred Weber, le chef de file du PPE (Parti populaire européen, droite), principal groupe politique du Parlement européen.

Elle s'est engagé à réfléchir "à la meilleure manière d'aller de l'avant pour l'Ecosse", sans aller jusqu'à sceller le sort de son projet de consultation.

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