Theresa May perd sa majorité absolue avant de négocier le Brexit — GB

20 Juin, 2017, 18:27 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Des travailleurs préparent leur bureau de vote au Royaume-Uni

Le gouvernement de Theresa May a perdu la majorité absolue au Parlement britannique jeudi à l'issue des élections législatives anticipées. Son parti des conservateurs a perdu la majorité absolue au Parlement, selon les résultats officiels rendus publics ce vendredi 9 juin. Les conservateurs sont en tête du scrutin mais ont perdu une douzaine de sièges, tandis que l'opposition travailliste en a gagné une petite trentaine, selon ces résultats quasi finaux au terme desquels les Tories ne peuvent plus obtenir de majorité absolue.

C'est un échec personnel pour la Première ministre, qui avait convoqué ces élections législatives anticipées en comptant en obtenir une majorité renforcée pour les négociations cruciales sur le Brexit avec l'Union européenne, le 19 juin.

À l'opposé, le Labour, le parti travailliste mené par Jeremy Corbyn, a contre toute attente fortement progressé.

Largement réélu dans sa circonscription d'Islington (nord de Londres), Jeremy Corbyn a estimé que sa campagne électorale "positive" avait "changé la politique, pour le meilleur", et appelé Thersea May à la démission. Mike Finn, de l'université de Warwick, cité par l'AFP, estime que le Royaume-Uni s'expose "à une période de coalition ou à de nouvelles élections ".

Theresa May, interlocuteur sans autorité? Mais là se repose une autre question, à savoir qui peut prendre la suite au sein du parti conservateur, sachant que la plupart des prétendants au poste en 2015 se sont un peu discrédités l'un après l'autre, à l'instar de Boris Johnson et Michael Gove.

L'autre surprise de ce scrutin est le recul des indépendantistes du Parti national écossais (SNP), qui devraient céder une vingtaine de sièges (sur 54).

Dans les deux cas, les négociations pourraient durer jusqu'à plusieurs semaines, ce qui porterait un coup dur au calendrier du Brexit, alors que les négociations avec l'Union européenne devaient commencer dans une dizaine de jours.

La publication de ces premiers chiffres a entrainé une chute de la livre sterling jeudi soir. May a fait une campagne désastreuse, centrée sur son prétendu côté "forte et stable" et, en fait, totalement coupée des aspirations des citoyens: elle a refusé de débattre avec ses adversaires - Jeremy Corbyn, en particulier - à la télévision, elle a promis d'autoriser de nouveau la chasse aux renards - une pratique aristocratique particulièrement impopulaire -, elle s'est mise à dos les retraités en promettant d'introduire une taxe dédiée pour financer la protection sociale des retraités, elle a fait la leçon à une infirmière réclamant la fin du gel de son salaire de misère en lui rétorquant, sur un ton détaché, que "l'argent ne pousse pas dans les arbres", au moment même où ses amis promettaient aux grandes fortunes qu'ils ne les attaqueraient jamais. Mais le parti unioniste "préfère éviter le scénario du +pas d'accord vaut mieux qu'un mauvais accord+", explique Stephen Booth, politologue du cercle de réflexion Open Europe. "L'horloge tourne, le Royaume-Uni est profondément divisé", a pour sa part souligné, également sur Twitter, Manfred Weber, le chef de file du PPE (Parti populaire européen, droite), principal groupe politique du Parlement européen.

Le parti europhobe Ukip, qui s'effondre, perd son unique siège. "Les électeurs n'aiment pas qu'on prenne leur vote pour acquis ".

La campagne a été marquée par deux attentats à Londres et un à Manchester, mais les conservateurs n'ont pas pu exploiter leur avantage habituel sur les questions de sécurité. Il a appelé à "un Brexit qui protège les emplois", assurant que le processus de sortie de l'Union européenne "devait se poursuivre" et que son parti était "prêt à mener les négociations au nom du pays".

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