Test pour le gouvernement de May devant le Parlement — Royaume-Uni

21 Juin, 2017, 19:12 | Auteur: Nathanaël Gerin

La Première ministre britannique Theresa May a présenté mercredi sa loi pour sortir le Royaume-Uni de la législation de l'Union européenne, dans un discours lu par la reine Elizabeth II devant le Parlement.

"Ce discours de la reine vise à reconnaître et saisir les opportunités qui se profilent pour le Royaume-Uni alors que nous quittons l'Union européenne", a déclaré Theresa May dans un communiqué alors que les négociations du Brexit ont débuté lundi à Bruxelles.

La reine, se faisant le porte-parole de la première ministre, a affirmé que le gouvernement britannique chercherait "à construire le consensus le plus large possible sur l'avenir du pays hors de l'Union européenne". La Reine n'a pas mentionné une visite d'Etat du président américain Donald Trump, jetant le doute sur sa tenue initialement prévue à l'automne.

Le programme législatif, fort de huit articles sur les 27 au total présenté par le gouvernement, est destiné à abolir le Code de la loi de 1972 qui avait incorporé la législation européenne au droit britannique, et à créer de nouvelles règles en termes de commerce, immigration, pêche ou encore agriculture. Mme May a choisi d'en retirer certaines propositions controversées formulées pendant la campagne électorale, notamment une mesure qui aurait augmenté les frais acquittés par les aînés pour leurs propres soins.

Avec 317 sièges sur 650, les conservateurs comptent sur le soutien des dix députés du petit parti ultra-conservateur nord-irlandais, le DUP, pour obtenir la majorité absolue.

Une source au sein du DUP a indiqué qu'il "n'était certainement pas imminent" parce que les discussions "ne se sont pas déroulées de la manière qu'escomptait le DUP", assurant qu'il ne fallait pas prendre le soutien du parti comme acquis.

" Nous sommes prêts à former un gouvernement minoritaire si ce gouvernement s'effondre, ce qui pourrait bien être le cas ", a-t-il ajouté.

Mme May a résisté aux multiples appels à la démission depuis les législatives qu'elle avait convoquées par anticipation, persuadée de l'emporter haut la main, mais les médias bruissent de rumeurs sur son possible remplaçant.

Il n'y a pas de règle stricte, mais l'usage veut que si un amendement de l'opposition est voté, le gouvernement démissionne.

Mardi, le ministre des Finances Philip Hammond a défendu une approche douce du Brexit, tenant à rassurer des milieux d'affaires inquiets de la ligne dure maintenue par Theresa May et défendue par David Davis.

Hors du Parlement, un millier de personnes ont commencé à défiler jusqu'à Downing Street pour appeler à "faire tomber le gouvernement".

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