Macron ouvre à gauche et sort le MoDem — Gouvernement

25 Juin, 2017, 20:07 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • François Bayrou et Marielle de Sarnez quittent le gouvernement

François Bayrou a expliqué mercredi avoir décidé de ne plus être ministre de la Justice pour ne pas "exposer" à "une campagne mensongère" le gouvernement et Emmanuel Macron, après l'ouverture d'une enquête visant son parti. Son bras droit, la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez, a fait de même dans la foulée. La conférence de presse s'est tenue en présence de plusieurs députés MoDem, dont Marielle de Sarnez, qui a elle aussi abandonné son poste de ministre des Affaires européennes auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, et qui prendra la tête du groupe à l'Assemblée nationale.

A la Défense, La haut-fonctionnaire Florence Parly devient ministre des Armées et succède à Sylvie Goulard. M. Bayrou a également assuré avoir discuté de sa démission dès le début de l'enquête sur le Modem, qui a été ouverte le 9 juin.

J'étais la véritable cible des dénonciations anonymes sur les emplois présumés fictifs au MoDem. Il s'en est pris aux "sycophantes", des délateurs dans la Grèce antique.

Après le départ de trois ministres issus du MoDem - François Bayrou, Sylvie Goulard et Marielle de Sarnez -, le parti centriste conserve deux élus centristes en son sein, avec Jacqueline Gourault et Geneviève Darrieussecq. "Il y a en effet un certain nombre de forces et de puissances pour qui la moralisation de la vie publique serait un obstacle à leur influence et à leur lobby", a ajouté le maire de Pau.

"J'en ai donc tiré les conclusions. (.) Je n'accepte pas de vivre sans liberté de parole et d'être condamné au silence, lorsque l'honneur de ceux que je représente est en jeu", a martelé le redevenu maire de Pau. Ma certitude est qu'il est à la hauteur de la fonction. Il a besoin d'une majorité large et où le pluralisme ne soit pas un vain mot. Il a comparé sa situation à celle d'un "boxer les deux mains attachées dans le dos".

"Cette décision ne remet pas en cause son soutien au président de la République, a-t-il assuré, estimant qu'Emmanuel Macron était " à la hauteur de la fonction " et qu'il avait l'intention de l'" aider et le soutenir ".

Il a évoqué "une entente politique et personnelle à laquelle, je peux vous le dire, j'attache du prix".

"C'est une décision pour servir", a souligné François Bayrou en estimant qu'il aiderait davantage le chef de l'Etat "avec la liberté de parole" retrouvée en dehors du gouvernement que "bâillonné". Si effectivement, le garde des Sceaux a proposé dès cette date sa démission, cela signifie que le président Macron a préféré attendre la fin des élections législatives pour l'accepter. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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