Aumontzey partagé entre stupeur et convictions — Affaire Grégory

26 Juin, 2017, 16:00 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Affaire Grégory la mise en garde à vue d'un couple vosgien relance l'enquête

Jacqueline Jacob, 85 ans, tante de Jean-Marie Villemin, père de l'enfant assassiné, a quitté le Palais de justice de Dijon vendredi, escortée par plusieurs gendarmes avant de monter dans un véhicule.

Le parquet général a requis la mise en examen de Marcel Jacob, grand-oncle du petit Grégory, pour "séquestration", a indiqué son avocat ce vendredi à la mi-journée, confirmant une information de l'Est Républicain.

"Les deux avocats des époux Jacob sont immédiatement montés au créneau pour dénoncer des mises en examen " sans preuve matérielle ".

Quelques jours après son arrestation, la tante du petit Grégory et belle-sœur de Jean-Marie Villemin s'est confiée à nos collègues de Vosges-Matin.

13h00: Jean-Jacques Bosc, procureur général de la cour d'appel de Dijon, dont la chambre de l'instruction est chargée du dossier, a prévu de tenir une conférence de presse jeudi à 16 heures.

Tous deux sauront dans la journée s'ils sont mis en examen.

"Grégory a été séquestré, retenu pendant un certain temps" et "les personnes qui ont participé à cet acte d'enlèvement sont les auteurs du crime" a expliqué le procureur de Dijon ce vendredi. Pourtant, l'épouse de Marcel Jacob avait été désignée par deux expertises graphologiques comme pouvant avoir écrit une des lettres du corbeau en 1983.

"Le corbeau s'est exprimé par des lettres et par des appels téléphoniques. Ce qui rend ses déclarations peu crédibles". Lors de la perquisition de leur domicile, le mercredi 14 juin, des documents ont été saisis, dont un testament rédigé par Marcel Jacob, dans lequel il déclare ne pas avoir tué le petit Grégory. Cette information n'a pas été confirmée par le procureur. Un nouveau rebondissement dans l'une des plus énigmatiques affaires de l'histoire criminelle.

Cependant, pour les avocats du couple, il n'y a aucun élément matériel à leur encontre.

"La mise en examen, pour être valable, nécessite l'existence d'indices graves et concordants". Ils nous demandent de dire des choses qu'on ne sait pas.

Selon Me Giuranna, depuis que les gendarmes sont venus le chercher, son client "vit un cauchemar, il vient seulement de réaliser qu'il n'était pas dans un cauchemar". Le grand-oncle et la grand-tante de l'enfant sont poursuivis l'un et l'autre pour "enlèvement et séquestration suivie de mort".

Des écrits de Jacqueline saisis chez les Jacob doivent faire l'objet d'une nouvelle comparaison d'écriture. "Je lui ai conseillé de garder le silence pour éviter tout dérapage". Le couple était très proche de Bernard Laroche, premier suspect de l'affaire, libéré puis tué en 1985 par Jean-Marie Villemin, son cousin, le père du petit Grégory.

Jacqueline Jacob [la grand-tante de Grégory] a été reconnue comme l'auteure de l'une des lettres manuscrites de menaces envoyées à la famille Villemin en 1983.

Les enquêteurs s'étaient aussi penchés à de nombreuses reprises sur un mystérieux "corbeau" ayant revendiqué le meurtre de l'enfant, en invoquant une "vengeance" dans une lettre postée apparemment avant la découverte du corps, en 1984.

Recommande: