Jusqu'à 17 milliards d'euros pour sauver 2 banques vénitiennes — Italie

26 Juin, 2017, 11:00 | Auteur: Nathanaël Gerin
  • Le gouvernement italien s'apprête à sauver deux banques vénitiennes au bord de la faillite grâce à l'aide du groupe Intesa Sanpaolo et à un investissement public

"Le total des ressources mobilisées pourrait atteindre 17 milliards d'euros, mais la dépense immédiate pour l'Etat est d'un peu plus de cinq milliards d'euros", a expliqué à la presse le ministre de l'Economie et des Finances, Pier Carlo Padoan, à l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire du 25 juin. "Cette intervention sauvegardera les emplois dans les banques concernées, les économies de deux millions de foyers, les activités de quelque 200.000 entreprises soutenues financièrement (par ces établissements) et par conséquent les emplois de trois millions de personnes dans ces régions, qui enregistrent le taux de croissance le plus important du pays", a indiqué Intesa. D'autre part, la création d'une "bad bank" pour les crédits détériorés dont les créances douteuses risquant de ne jamais être remboursées.

"En faveur des épargnants" et des travailleurs. Quelques jours après le rachat ordonné de Banco Popular par sa compatriote Santander, sous l'égide de la BCE, l'Union européenne a validé ce week-end les mesures proposées pour liquider les établissements italiens BPVI et Veneto Banca. Pour la commission, il ne s'agit nullement d'un sauvetage.

"Nous avons approuvé l'aide prévue pour aider les banques Vicenza et Veneto à sortir du marché".

Gardienne de la concurrence en Europe, la commission a donné son feu vert à l'aide publique pour atténuer les effets de cette sortie du marché au motif que les deux banques étaient implantées essentiellement en Vénétie et que leur liquidation risquait de provoquer des troubles économiques dans la région. "Quelle injustice!", s'est insurgé le maire de Naples, Luigi De Magistris.

"La seule solution alternative était une faillite désordonnée, ou la vente en petits morceaux des deux banques, ce qui aurait complètement détruit leur capacité opérationnelle", a-t-il fait valoir. Selon lui, le montage retenu respecte pleinement les règles européennes, les deux banques vénètes allant fonctionner dès lundi comme des composantes du groupe Intesa.

Le patron d'Intesa, Carlo Messina, a assuré le 25 juin dans un communiqué qu'il n'y aurait pas de licenciement. Le coût de l'opération pour les caisses de l'État est estimé "entre 8 et 10 milliards d'euros" selon le Corriere, tandis que le quotidien La Repubblica avance une fourchette "de 10 à 12 milliards d'euros". Alors que le système bancaire italien a suscité de vives inquiétudes l'an dernier, Rome entend ainsi rassurer les petits épargnants échaudés par les récentes faillites de plusieurs banques régionales. Des signes de redressement sont depuis apparus, avec le succès par exemple de la restructuration engagée par UniCredit, mais les banques vénitiennes apparaissaient comme un des éléments majeurs de fragilité.

La banque Monte dei Paschi di Siena (BMPS), qui avait concentré les regards et les inquiétudes, devrait de son côté être nationalisée dans les prochaines semaines, mais elle doit encore trouver un accord avec Bruxelles sur les suppressions d'emplois à mener dans le cadre de son plan de relance.

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