La police turque disperse violemment la "Gay Pride"

26 Juin, 2017, 17:07 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Le gouvernorat d'Istanbul n'autorisera pas la

Les forces de police ont tiré des balles en caoutchouc vers un groupe d'une quarantaine de manifestants pour les empêcher de tenir la marche, selon un journaliste de l'AFP.

Les organisateurs de la Marche des fiertés LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexe) ont annoncé qu'ils maintiendraient leur manifestation prévue dimanche sur l'emblématique place Taksim à Istanbul malgré une interdiction émise par le gouvernorat.

Cependant, la police turque a utilisé des balles en caoutchouc pour tirer sur des manifestants qui défilaient. Au moins quatre personnes ont été interpellées.

La police anti-émeute a bouclé la place Taksim en déployant des véhicules blindés, des canons à eau et des chiens.

La Marche des fiertés d'Istanbul avait rassemblé en 2014 des dizaines de milliers de personnes et constituait l'un des principaux événements LGBT au Moyen-Orient. "Nous n'avons pas peur, nous sommes là, nous ne changerons pas. Vous avez peur, vous changerez et vous vous y habituerez", disaient les organisateurs de cette gay pride en ajoutant que la véritable raison aux réactions contre la marche, "qui s'est déroulée pacifiquement pendant 12 ans, c'est la haine". En 2016, la manifestation a été interdite pour des raisons de sécurité alors que le pays était frappé par une série d'attentats meurtriers liés au groupe jihadiste État islamique (EI) ou aux séparatistes kurdes.

Mais dans un cas comme dans l'autre, les manifestants avaient bravé ces interdictions, et avaient été dispersés violemment par les forces de l'ordre.

En 2015, la Marche avait été interdite puisqu'elle coïncidait avec la fin du ramadan, selon l'association des LGBT. Les années précédentes, ces manifestations s'étaient déroulées sans incidents. Ses commentaires conservateurs sur les femmes et la famille enflamment régulièrement la critique mais il se garde généralement d'évoquer publiquement les questions.

L'homosexualité n'est pas pénalement réprimée en Turquie, mais l'homophobie y reste largement répandue.

En 2010, la ministre de la Famille et de la Femme Aliye Selma Kavaf avait mis de l'huile sur le feu en disant que l'homosexualité relève d'un "désordre biologique", et que c'est maladie qui devait être soignée.

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