Le Qatar sommé de fermer Al-Jazeera pour montrer patte blanche

26 Juin, 2017, 01:54 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Le cargo devrait atteindre le Qatar dans dix jours. A l'image le port de Hamad à Doha

Fermeture de la chaîne de télévision Al Djazira, limitation des relations avec l'Iran, rupture des liens avec des organisations classées terroristes: l'Arabie saoudite et les trois autres Etats arabes qui ont suspendu leurs relations avec le Qatar ont transmis à Doha leurs conditions à une sortie de crise, a annoncé vendredi un responsable d'un des pays. S'il accepte, le Qatar devra se soumettre à un examen annuel de vérification du respect de ces demandes pendant les dix prochaines années.

Les quatre pays ont notamment demandé au Qatar de rompre ses relations diplomatiques avec l'Iran, de renvoyer les gardiens de la révolution iraniens présents dans le pays et de mettre fin à toute coopération militaire avec l'Iran.

Dans le cas où le Qatar ne répondrait pas favorablement aux requêtes transmises au pays par l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Égypte, les États du Golfe n'auront pas recours à la force.

Les quatre pays exigeraient aussi que le Qatar rompe les liens qu'il entretient, selon eux, avec les groupes jihadistes "Etat islamique" (EI/Daesh) et Al Qaîda ainsi qu'avec le mouvement chiite libanais Hezbollah et les Frères musulmans. Le petit émirat gazier a dix jours pour satisfaire à ces demandes. Le Qatar est également sommé d'extrader les opposants aux régimes de ces pays et à fermer, outre Al Jazeera - dont la ligne éditoriale est jugée par ses détracteurs trop favorable aux islamistes -, les médias qu'il soutient, dont les sites d'information en ligne Arabi21, Rassd, Al-Arabi Al-Jadid et Middle East Eye. "Autrement, le divorce sera effectif", a-t-il prévenu.

Le directeur de son antenne anglophone, Giles Trendle, a comparé cette tentative à "l'Allemagne demandant à la Grande-Bretagne de fermer la BBC", dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux. Ils ont dans la foulée fermé toutes leurs frontières aériennes, maritimes et terrestres avec l'émirat, plongeant le Qatar dans l'isolement.

L'Arabie saoudite, les Emirats, Bahreïn et l'Egypte demandent aussi aux autorités de Doha l'extradition de toutes les personnes considérées comme "terroristes". Il voit dans la "fuite " de ce document dans la presse "un acte hostile du Qatar, qui préfère se livrer à des enfantillages dans les médias plutôt que d'entamer une négociation sérieuse sur les questions de fond".

Dans son communiqué, le porte-parole du gouvernement qatari souligne que le secrétaire d'Etat américain, Rex Tillerson, a invité Ryad et ses alliés à remettre à l'émirat une liste de doléances "raisonnable et réalisable". Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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