Ginette Villemin ne "croit pas" que le coupable sera retrouvé — Affaire Grégory

27 Juin, 2017, 02:50 | Auteur: Gerard Affre
  • Christine et Jean Marie Villemin le 22 novembre 1984 arrivant au tribunal d'Epinal. AFP archives

32 ans après la mort du petit Grégory, deux membres de la famille Villemin se retrouvent devant la justice à Dijon.

Ces gardes à vue relancent une des plus grandes énigmes de l'histoire criminelle française. D'un caractère affirmé, cet ouvrier était en mauvais termes avec Albert Villemin, son beau-frère et surtout avec son neveu Jean-Marie, père de Grégory.

"Grégory a été enlevé du domicile de ses parents, il a été séquestré et retenu pendant un certain temps jusqu'à sa mort (...) Les personnes qui ont participé à son enlèvement sont responsables de sa mort (...) Le corbeau est composé de deux personnes", a poursuivi le procureur. Le procureur a cependant assuré que " les époux Jacob ne présentent pas en l'état d'alibi qui soit confirmé ou étayé ".

Après la conférence de presse, l'avocat de Marcel Jacob s'est indigné de la tournure des évènements.

Marcel Jacob, 71 ans, l'oncle du père de l'enfant de quatre ans retrouvé mort pieds et poings liés dans un cours d'eau en octobre 1984 dans l'est de la France, a été placé en détention provisoire.

Jacqueline Jacob, 85 ans, tante de Jean-Marie Villemin, père de l'enfant assassiné, a quitté le Palais de justice de Dijon escortée par plusieurs gendarmes avant de monter dans un véhicule. Selon l'avocat de Marcel: "on n'a aucun élément matériel, rien à son encontre ". En vingt ans d'exercice professionnel, je n'ai jamais vu ça de ma vie. L'enquête, dont les investigations n'ont pas cessé depuis 2008, n'a pas réellement révélé d'éléments nouveaux. "Je ne comprends pas", a déclaré Me Giuranna à l'AFP. Cette information n'a pas été confirmée par le procureur.

Y-a-t-il des preuves que Jacqueline et Marcel Jacob soient bien les "corbeaux " ( auquel cas, les lettres anonymes viendraient aussi d'eux et - si l'on en croit le procureur - la lettre de revendication du crime )? Selon une source proche du dossier, des documents écrits par la grand-tante de Grégory ont été saisis en perquisition à des fins de comparaison. Les deux compères sont voisins et se rendent visite régulièrement, "même si au début de l'enquête, Marcel Jacob s'était efforcé de dissimuler cette amitié", avaient rappelé les juges dans un arrêt de 1993. Interpellée mercredi à Arches, dans les Vosges, Ginette, sa femme, est placée en garde à vue et remise en liberté le lendemain.

Son mari Marcel, le grand-oncle de Grégory, 73 ans, a été lui aussi mis en examen pour "enlèvement" et "séquestration suivie de mort".

Bernard Laroche, cousin de Jean-Marie et de Michel Villemin, a été soupçonné et inculpé du meurtre de Grégory.

L'enquête est relancée par l'analyse graphologique des lettres de menaces et autres courriers anonymes qui foisonnent dans le dossier, à défaut d'analyses ADN probantes.

Une autre lettre revendiquant le meurtre de l'enfant postée avant la découverte du corps, invoquait une "vengeance". La grand-mère, Monique Villemin, serait quant à elle l'auteur d'une lettre de menaces datant de 1989, adressée au juge Maurice Simon, alors chargé de l'instruction et décédé depuis.

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