Les républicains reportent le vote sur l'abrogation d'Obamacare

27 Juin, 2017, 23:23 | Auteur: Sebastien Chopin
  • États-Unis: 22 millions d'assurés en moins si Obamacare était abrogée

Le projet de réforme visait à concilier la promesse d'abrogation de la loi démocrate de 2010, tout en élaborant un système alternatif et libéralisé pour éviter de couper l'herbe sous le pied à la vingtaine de millions d'Américains qui ont pu souscrire une couverture maladie grâce à Obamacare.

Mais les conservateurs jugent que le compromis ne desserre pas assez le carcan d'Obamacare et restera très onéreux pour les finances publiques. Les modérés, à l'inverse, estiment inacceptable de voter pour une loi qui feraient de facto remonter le nombre de personnes sans assurance aux niveaux pré-Obamacare.

Une première mouture de la réforme a été adoptée par la Chambre des représentants en mai.

Et Donald Trump pourrait pavoiser en saluant ce pas décisif vers la réalisation d'une de ses plus importantes promesses électorales, peu importe les conséquences désastreuses de l'abrogation de l'Obamacare pour des millions de ses électeurs les plus vulnérables.

Mais les mots de Paul Ryan se heurtent à l'arithmétique serrée du Sénat, où les républicains n'occupent que 52 sièges sur 100.

Tous les sénateurs républicains avaient rendez-vous à 16h00 (22h00 heure suisse) à la Maison Blanche, à l'invitation du milliardaire. Or au moins cinq étaient prêts à voter contre l'ouverture des débats dans la chambre haute du Congrès.

Le système de santé américain est un enchevêtrement de responsabilités publiques et privées, nationales et locales.

Les sénateurs doivent voter en fin de semaine une législation qui, entre autres mesures, abrogerait des impôts et taxes créés par Obamacare, et réduirait fortement les crédits au système de santé, notamment au programme public Medicaid, destiné aux plus pauvres et qui assure une personne sur cinq aux Etats-Unis. La réforme républicaine n'affecterait pas directement la moitié des Américains qui sont assurés par leur employeur.

Or, McConnell s'est rendu à l'évidence cet après-midi: cette majorité au Sénat n'existe pas encore et n'existera peut-être jamais pour un texte qui augmenterait le nombre d'Américains non assurés de 15 millions l'an prochain et de 22 millions en 2026, selon le Bureau du budget du Congrès. 18% de la population de moins de 65 ans ne seraient pas couverts, contre 10% aujourd'hui.

"On ne peut pas transformer l'État fédéral en organisation de santé, il n'y aurait plus d'argent pour la Défense ou le reste du gouvernement", justifie le sénateur républicain Lindsey Graham.

Obamacare a créé un barème d'aides en fonction des revenus, et obligeait les assureurs à couvrir des soins essentiels.

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