2 grenades tirées d'un hélicoptère contre la Cour suprême — Venezuela

28 Juin, 2017, 12:48 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Maduro dénonce une attaque à la grenade contre la Cour suprême

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a affirmé mardi qu'une attaque à la grenade avait été menée depuis un hélicoptère de la police scientifique contre le siège du Tribunal suprême de justice mais a ajouté que le projectile n'avait pas explosé.

Des centaines de journalistes ont défilé mardi à Caracas pour dénoncer, à l'occasion de la Journée du journaliste, les agressions dont ils sont victimes de la part des forces de l'ordre.

Les forces spéciales sont à la recherche des "terroristes" à l'origine de cette attaque contre la cour suprême, a poursuivi Maduro, mettant en demeure les dirigeants de la Table de l'unité démocratique (MUD), la coalition de l'opposition, de "condamner cette attaque éminemment destinée à provoquer un putsch".

Le président Nicolas Maduro a dénoncé une attaque "terroriste".

Selon M. Maduro, l'hélicoptère était piloté par un homme qui avait été le pilote de son ex-ministre de l'Intérieur et de la Justice, Miguel Rodriguez Torres, un général à la retraite qui a pris ses distances avec le gouvernement. Le Président l'accuse maintenant d'être lié à des préparatifs supposés de coup d'État à son encontre.

Depuis le 1er avril, le Président Maduro fait face à une vague de manifestations exigeant son départ. Les manifestants ont arboré sur sa carlingue une bannière anti-Maduro. La presse locale a diffusé une vidéo montrant un homme qui se présente comme un enquêteur de la police scientifique et que la presse considère comme l'un des hommes à bord de l'hélicoptère.

Il y déclare combattre "contre la tyrannie".

"Nous vous demandons de nous accompagner dans ce combat et de sortir dans la rue (.) Notre mission est de vivre au service du peuple", dit encore l'homme dans la vidéo. Des "sottises", a répondu le général Torres.

Dans un communiqué, le gouvernement précise que l'hélicoptère a été dérobé par un pilote de la police identifié sous le nom d'Oscar Perez.

Selon le gouvernement, il s'agit d'une "escalade" dans "l'offensive insurrectionnelle d'éléments extrémistes de la droite".

Sur les réseaux sociaux circulaient des photos montrant un hélicoptère survolant Caracas et affichant une pancarte sur laquelle était écrit "350 Libertad", en référence à l'article de la Constitution autorisant la déchéance de gouvernements hostiles aux garanties démocratiques.

Il a en outre demandé à son homologue américain Donald Trump d'"arrêter la folie" de l'opposition qui multiplie les manifestations depuis début avril et qu'il soupçonne de s'être alliée avec Washington pour fomenter un coup d'Etat.

Sur ces mêmes photos, on peut distinguer deux hommes dans l'hélicoptère, l'un au visage couvert d'une capuche et l'autre à visage découvert. "Je dis au monde, et j'espère que le monde l'entendra après 90 jours de manifestation, de destruction et de mort: si le Venezuela était plongé dans le chaos, la violence et la révolution bolivarienne détruite, nous irions au combat", avait-il déclaré lors d'un rassemblement politique.

Au parlement, une bagarre générale a justement eu lieu hier entre les députés et des militaires, empêchant les députés de quitter l'enceinte avant 22h.

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