"Encore aujourd'hui, les policiers se moquent et me provoquent" — Affaire Théo

28 Juin, 2017, 17:35 | Auteur: Sebastien Chopin

L'affaire avait fait grand bruit et lui avait causé de graves séquelles. Aujourd'hui, il est toujours très affecté et tente de se reconstruire comme il peut.

L'interpellation avait dérapé quand l'un des policiers avait enfoncé sa matraque dans l'anus du jeune homme de 22 ans.

Trois des agents qui ont procédé à l'interpellation sont mis en examen pour violences volontaires, le quatrième pour viol.

"Si je vous dis que ça va, ce serait vous mentir" confie-t-il à la chaîne de télévision. Ça va de mieux en mieux en tout cas. "(.) Psychologiquement, comme je suis bien entouré, ma famille, des bonnes connexions, des bons amis aussi qui font que j'arrive à rester debout aujourd'hui", dit-il. Néanmoins, il précise vivre toujours avec la poche qui lui a été administrée en raison de la déchirure anale et la perforation du colon qu'il a subies. "Ça me fait très très mal. Ça me dérange au quotidien", souligne-t-il.

Marqué physiquement, Théo l'est aussi moralement: "je guéris en agissant".

"Je ne connaissais pas les policiers personnellement", raconte Théo, "mais je les connaissais de réputation: ils ont déjà frappé plusieurs personnes dans mon quartier, ils sont réputés pour frapper les gens au parc, et les laisser là-bas dans un état assez critique... C'est de la torture qui a duré trop longtemps".

Outre l'évolution de son état de santé et sa lente reconstruction, il évoque dans ces deux entretiens respectifs son état d'esprit à l'égard de ses agresseurs, mais aussi l'attitude d'autres policiers qui patrouillent près de chez lui. Hier encore, j'étais en bas de chez moi, les policiers sont passés en voiture et il y a un policier qui dit: 'Salut Théo, tu te rappelles de la matraque? " Il rigole et il s'en va. Ils le font souvent".

Recommande: