La sixième extinction de masse des animaux est en cours sur Terre

11 Juillet, 2017, 13:20 | Auteur: Christian Jacquard
  • Des scientifiques inquiets de l'accélération de la sixième extinction de masse des animaux

La situation frise la catastrophe.

C'est une étude peu réjouissante et particulièrement inquiétante: dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), des scientifiques américains et mexicains affirment que les espèces de vertébrés (mammifères, reptiles, oiseaux, amphibiens, etc) connaissent un recul massif de leurs effectifs à travers le monde sur des territoires d'habitat toujours plus restreints depuis 1900.

En réalisant leur analyse, les chercheurs en sont arrivés à une conclusion: il y a un déclin de 32% des espèces étudiées en terme de population et d'étendue, comme le rapporte Le Monde.

Cette extinction massive va avoir de nombreuses conséquences écologiques, économiques mais également sociales. Pollinisation, l'assainissement de la qualité de l'air et de l'eau, stockage de CO2: la faune est essentielle à notre survie. En quarante ans, plus de 50% des animaux auraient ainsi déjà disparu. En se concentrant sur 177 espèces de mammifères, les scientifiques ont constatés que plus de 40% ont perdu 80% de leur aire de répartition historique entre 1990 et 2015. Les girafes ont diminués de 115'000 spécimens à à 97'000 entre 19845 et 2015. Geraldo Ceballos, de l'université nationale autonome du Mexique, Paul Ehrlich et Rodolfo Dirzo, de l'université de Stanford aux Etats-Unis, évoquent une "défaunation catastrophique" pour les différents écosystèmes de la planète, et expliquent qu'on ne prête pas assez attention à ces signes d'un "prélude d'une extinction globale des animaux".

Les causes de cet anéantissement biologique sont tristement connues: agriculture intensive, exploitation forestière, surexplotation des espèces (chasse et pêche), urbanisation, pollution.

Pour les auteurs de l'étude, un des moteurs ultime de la sixième extinction de masse, souvent moins cité, est "la surpopulation humaine, liée à une croissance continue de la population, et de la surconsommation, en particulier par les riches". "Il ne reste qu'un court laps de temps pour agir, deux ou trois décennies maximum", soulignent les chercheurs.

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