Un iceberg de 5.800 km2 s'est détaché de l'Antarctique (vidéo) — Environnement

12 Juillet, 2017, 16:36 | Auteur: Christian Jacquard
  • Un iceberg de la taille de la Haute-Garonne sur le point de se détacher de l'Antarctique

En utilisant des informations fournies par le satellite CryoSat, " nous avons établi la hauteur de la glace au-dessus de l'océan et calculé que l'iceberg final aura une épaisseur d'environ 190 mètres et contiendra quelque 1.155 kilomètres cubes de glace", a déclaré Noel Gourmelen, de l'Université d'Edimbourg, cité dans le communiqué. Un iceberg de 5.800 km2, gros comme 55 fois la ville de Paris ou deux fois le Luxembourg, s'est détaché ce mercredi 12 de l'Antarctique. Début juillet, le futur iceberg n'était ainsi plus relié au continent Antarctique que sur cinq kilomètres.

Privée de cet énorme pan de glace, Larsen C est de fait " potentiellement moins stable", soulignent-ils. Il restera peut-être en un seul morceau, mais se morcèlera plus probablement en plusieurs fragments.

Le vêlage (terme scientifique pour la séparation du bloc de glace du reste du continent) est la résultante d'un long processus lié à une immense crevasse fissurant Larsen C, qui s'est allongée de façon spectaculaire ces derniers mois. Mais il faisait partie d'une gigantesque barrière de glace, nommée " Larsen C ", qui, à l'ouest de l'Antarctique, retient des glaciers capables, eux, de faire gagner 10 centimètres aux mers du monde s'ils finissaient par se trouver à terme exposés à l'océan, selon les chercheurs. La formation des icebergs est un processus naturel, que le réchauffement de l'air comme des océans contribue cependant à accélérer, soulignent les scientifiques.

D'autres étendues de banquise se sont déjà fracturées récemment sur la côte nord de l'Antarctique, dont celles de Larsen A et B, qui se sont respectivement désintégrées en janvier 1995 et en février 2002.

"Il s'agit de l'un des plus gros icebergs jamais recensés et il sera difficile de prévoir sa progression", a dit Adrian Luckman, professeur à l'université de Swansea qui a observé l'évolution de la barrière pendant des années.

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