Attentat de Nice : combien les victimes sont-elles indemnisées ?

14 Juillet, 2017, 02:28 | Auteur: Gerard Affre
  • La première rencontre le 27 juin à Nice avait traduit le désarroi de nombreuses familles. L'exercice doit se renouveler tous les six mois

Les associations dénoncent "des captures d'écran, publiées sans précaution aucune, qui portent atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches" et publiées "uniquement pour faire du sensationnel" et "créer une atmosphère morbide et voyeuriste". Paris Match publie par ailleurs l'image de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, le terroriste, mort dans la cabine, après qu'il a reçu 12 balles tirées par la police.

Le ministère public "demande au tribunal d'ordonner le retrait de la vente" de l'hebdomadaire et "l'interdiction de diffusion sous tous formats, notamment numérique" de ce numéro qui suscite la colère des victimes et de leurs proches, a indiqué le parquet de Paris.

Le maire de Nice Christian Estrosi a lui qualifié les images de l'attaque d'"insoutenables et abjectes".

Informé mercredi de la publication de ces clichés, le parquet avait "immédiatement ouvert une enquête pour violation du secret de l'instruction et recel" de ce délit. À l'occasion du défilé de cette année qui coïncide avec le premier défilé du 14 juillet d'Emmanuel Macron en tant que président de la République, une surveillance exceptionnelle a été mise en place. Le projet "Nice, nos vies d'après", inauguré vendredi dernier, est déployé en papier et en digital, à travers un site dédié à ces témoignages, ainsi qu'une application. Elles sont donc placées sous scellé, ce qui empêche normalement toute utilisation. L'avocat du journal défend que "le sujet de Paris Match sur le 14 juillet est au contraire un hommage aux victimes et aux rescapés". "Elles sont publiées dans un souci de compréhension des événements." .

Olivier Royan, le directeur de la rédaction de Paris-Match, s'est défendu en expliquant qu'"Il s'agit de vues de loin, de plans larges, sans identification possible des victimes ni atteinte à leur dignité".

M. Royant a ajouté que le droit des médias d'informer est un fondement de la démocratie.

Cette double exigence a également guidé les pas du Comité pour la Mémoire des victimes qui rassemble parents de victimes, associations, élus, universitaires... "Chers clients, la tristesse d'une ville et de ses victimes ne se monnaie pas", dit un message affiché par un kiosquier.

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