"Résignée", Carla Del Ponte quitte la commission d'enquête sur la Syrie

07 Août, 2017, 14:54 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Commission sur la Syrie l'interview de Carla Del Ponte

L'ancienne procureure spécialiste du crime de guerre Carla Del Ponte a annoncé, dimanche 6 août, qu'elle allait bientôt quitter la Commission d'enquête des Nations Unies sur la Syrie, dont les travaux vont malgré tout se poursuivre.

"En raison du manque de volonté politique, la commission ne peut rien faire pour obtenir la justice, elle n'a aucun avenir", a-t-elle ajouté. La Commission a demandé à de maintes reprises que le Conseil de sécurité saisisse la Cour pénale internationale dans le dossier syrien, mais la Russie, allié de Damas, s'y oppose. "Je participerai encore à la session du Conseil des droits de l'homme en septembre à Genève puis je m'en vais".

La décision de Carla Del Ponte est-elle définitive? "Ce fut la goutte qui a fait déborder le vase", a-t-elle affirmé.

La Commission indique, de son côté, dans un communiqué avoir été prévenue par l'ancienne procureure "à la mi-juin" et salue sa "contribution" et ses "efforts", mais estime que "le travail doit se poursuivre". "De tels efforts sont plus nécessaires que jamais", a affirmé la Commission.

Cette commission a été créée en août 2011 et est composée de quatre commissaires.

Egalement ancienne procureure générale de la Confédération helvétique, Mme Del Ponte est, depuis 2012, membre de la Commission d'enquête des Nations Unies sur la Syrie, une commission d'enquête indépendante créée sous les auspices du Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies. Présidée par le Brésilien Paulo Pinheiro, la Commission a déjà rendu de nombreux rapports mais n'a jamais été autorisée par Damas à se rendre en Syrie.

Les enquêteurs ont plusieurs fois dénoncé des crimes de guerre et exigé que les responsables soient poursuivis.

En septembre 2015, Carla Del Ponte avait déjà critiqué l'inaction du Conseil de sécurité, parlant d'une "honte".

Elle était par ailleurs partisane de négociations avec le président Bachar el-Assad. "Il n'y a pas de responsabilité criminelle et pourtant des crimes sont commis tout le temps", dit-elle.

Recommande: