L'UE convoque les pays touchés — Oeufs contaminés

12 Août, 2017, 01:15 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Précarité: hausse inquiétante des jeunes sans logement cet ét

Une molécule interdite à l'origine du scandale. A l'origine de l'affaire, l'utilisation du fipronil, un antiparasite pourtant strictement banni dans les élevages de poules par l'Union européenne, par des sociétés de désinfection intervenant dans des exploitations agricoles aux Pays-Bas et en Belgique.

Dans le volet judiciaire du scandale, deux dirigeants de la société ChickFriend, soupçonnée d'avoir "appliqué le produit dans les élevages avicoles", ont été arrêtés jeudi aux Pays-Bas, où la justice a aussi dans son collimateur "le commerçant" qui a distribué du fipronil dans le pays.

Deux centres d'emballage d'œufs en France ont reçu "des œufs de consommation contaminés en provenance des Pays-Bas et de Belgique", a déclaré M. Travert sur la radio RMC, précisant qu'un premier lot "de 196.000 œufs en provenance de Belgique" a été mis sur le marché entre le 16 avril et le 2 mai et avait déjà été consommé "sans impact pour la santé".

En Belgique, 11 perquisitions ont été menées "dans tout le pays" dans le cadre de l'enquête qui cible désormais 26 personnes et entreprises suspectes, selon le parquet d'Anvers (nord).

"Ajouter des produits interdits à des produits utilisés dans l'industrie alimentaire par appât du gain met en danger la sécurité alimentaire et abîme la confiance du consommateur", a-t-il insisté.

Le dirigeant de Poultry-Vision a été "entendu" en juillet puis "relâché sous strictes conditions", précise le parquet. Mais il réfute toujours toute accusation de négligence. Il rappelle par ailleurs que "la présence de traces de fipronil ne constitue pas en soi un risque; seules les analyses engagées permettront de déterminer si le niveau de contamination de ces produits est susceptible de présenter un risque pour la consommation ".

Le Royaume-Uni, qui avait jusque-là affirmé n'être que marginalement touché, a annoncé jeudi que 700.000 oeufs contaminés avaient été importés pour être utilisés dans la fabrication de produits alimentaires.

S'appuyant sur les données recueillies lors d'"études nationales de consommations alimentaires", l'Anses estime, dans un avis, que "la quantité maximale d'œufs pouvant être consommés varie de un (pour un enfant de 1 à 3 ans) à dix par jour (pour un adulte)", "sans s'exposer à un risque aigu". A haute dose, il peut provoquer des troubles neurologiques et des vomissements.

Selon le ministère français, "la France a été prévenue de cette contamination par le système d'alerte européen" le 20 juillet. Les pertes pour le secteur se chiffrent en dizaines de millions d'euros, alors que 160 exploitations sont encore bloquées aux Pays-Bas et 50 en Belgique. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Recommande: