Scènes de violence dans des fiefs de l'opposition — Présidentielle au Kenya

12 Août, 2017, 13:08 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Capture d'écran d'un sondage de Geo Poll et Portland Communications sur le phénomène des fake news au Kenya

Les résultats actuels de l'IEBC suggèrent que le président sortant Kenyatta est en tête des suffrages avec 8 millions de voix, tandis que son rival Odinga est accrédité de 6,6 millions de voix. De son côté, l'opposition évoque "une mascarade" et "des élections truquées". Il revient à l'IEBC d'officialiser les résultats.

" Pour nous, aller en justice n'est pas une alternative". Nous sommes passés par là dans le passé.

James Orengo, un proche d'Odinga, a jugé que le processus électoral était une " farce ". Dix ans après les pires violences électorales de l'histoire du pays (1.100 morts), la victoire de M. Kenyatta laisse présager un vif ressentiment chez les partisans de M. Odinga et craindre de possibles troubles. Jeudi soir, M. Odinga avait appelé au calme tout en se dédouanant d'éventuelles violences en expliquant qu'il "ne contrôle personne. Les gens veulent la justice ". "Je souhaite donc déclarer Uhuru Kenyatta (.) président élu", a proclamé le président de la commission électorale Wafula Chebukati.

Dès l'annonce dès résultats, des émeutes et des pillages ont éclaté dans le bidonville de Kibera à Nairobi, a rapporté l'AFP.

Au moins six personnes ont été tuées ce jour-là, dans le bidonville de Mathare et dans l'attaque d'un bureau de vote dans l'est du pays. Dans la ville de Kisumu, autre fief des opposants dans l'ouest du Kenya, la police a tiré des coups de feu pour tenter de disperser des manifestants.

L'opposition n'a pas émis de commentaire la confirmation de l'élection d'Uhuru Kenyatta.

En outre, à 72 ans, M. Odinga livre certainement sa dernière grande bataille politique, lui qui s'est présenté quatre fois à la présidentielle.

Parlant des observateurs, ils ont partagé leur satisfecit sur la régularité du scrutin.

M. Odinga, membre de la communauté luo de l'ouest du pays, s'est une nouvelle fois présenté comme le garant d'une répartition plus équitable des richesses de l'économie la plus dynamique d'Afrique de l'Est.

Kenyatta, né en 1961, est fils de Jomo Kenyatta, premier président de la république du Kenya entre 1964 et 1978.

Si l'élection présidentielle était au centre de l'attention, les Kényans ont également voté pour élire leurs gouverneurs, députés, sénateurs, élus locaux et représentantes des femmes à l'Assemblée. D'ailleurs, la coalition de l'opposition avait décidé, quelques heures avant la proclamation des résultats, de ne pas y participer, les qualifiant de "mascarade".

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