Des habitants de Guam craignent moins Pyongyang qu'un typhon

13 Août, 2017, 16:37 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Guam accueille une base navale ainsi qu'une base aérienne américaine qui occupent 30% des terres

L'armée nord-coréenne apportera les touches finales à son projet contre Guam d'ici la mi-août et le soumettra pour évaluation au jeune dirigeant nord-coréen, a-t-il ajouté. Ce plan, qui comprendrait le tir de quatre missiles qui survoleraient le Japon, sera présenté pour approbation à Kim Jong-Un et constituera un "avertissement crucial aux Etats-Unis", précise l'agence. "Ils leurs arriveraient des choses qu'ils n'ont même pas imaginés", a prévenu le président américain.

Suite à la menace de Pyongyang, le gouverneur de Guam, Eddie Baza Calvo, a publié une vidéo sur Youtube destinée à dissiper les inquiétudes de ses gouvernés. Ce qui n'empêche pas le Guam Daily Post d'expliquer dans un éditorial que si les habitants ont l'habitude des menaces nord-coréennes, la situation est plus précaire aujourd'hui car "il y a maintenant un commandant-en-chef fougueux, qui n'a pas autant de sang froid que ça, à la Maison Blanche".

Les experts doutent cependant de la capacité des forces d'autodéfense japonaises à abattre un missile survolant leur territoire.

C'est tout naturellement que Kim Jong-un a décidé de tourner ses têtes de missiles vers ce bout de terre perdu au milieu du Pacifique: il servirait de base américaine en cas de guerre avec la Corée du Nord.

Guam, située dans le Pacifique-ouest, à quelque 3.500 km de la Corée du Nord, compte des installations stratégiques américaines (bombardiers lourds à longue portée, chasseurs et sous-marins) qui participent régulièrement à des démonstrations de force sur et près de la péninsule coréenne, à la grande fureur de Pyongyang.

Le professeur Yang Moo-Jin, de l'université des Etudes nord-coréennes de Séoul, a souligné le caractère inhabituel des précisions fournies par Pyongyang. Guam, où vivent 162 000 habitants, est également équipé d'un bouclier antimissiles THAAD. Si Washington laisse les missiles s'écraser, sa crédibilité pourrait en prendre un coup et donner des ailes à Pyongyang. Et les tensions ne se sont jamais apaisées entre les deux pays depuis la fin de la guerre de Corée en 1953.

"L'interprétation nord-coréenne de la rhétorique de Washington diffère de l'interprétation occidentale des menaces habituelles de Pyongyang". "La communauté internationale est unie pour s'assurer que la Corée du Nord mette fin à ses opérations agressives". Arrêté en janvier 2015, il avait été accusé d'actes subversifs contre le régime nord-coréen, ce que les autorités canadiennes ont toujours vigoureusement démenti.

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