L'île de Guam, la cible parfaite dans la rhétorique guerrière de Pyongyang

13 Août, 2017, 14:21 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Quatre questions sur l'île américaine de Guam, menacée par la Corée du Nord

Vingt-quatre heures après les déclarations détonantes du président américain promettant "le feu et la colère" et soulignant que l'arsenal nucléaire américain est "plus fort et plus puissant que jamais", Pyongyang a surenchéri dans sa menace de frapper à proximité des bases des États-Unis situées sur l'île de Guam.

Pyongyang réalisera son plan d'attaque aux missiles balistiques stratégiques à moyenne ou longue portée Hwasong-12 contre les bases militaires américaines situées sur l'île de Guam, dans le Pacifique, dès la mi-août, et le plan sera soumis au commandant en chef suprême Kim Jong-un, a annoncé mercredi l'agence nord-coréenne KCNA citant un rapport du général Kim Rak-gyom, commandant des Forces stratégiques du pays. Ils parcourront près de 3357 kilomètres en survolant plusieurs préfectures du Japon, Shimane, Hiroshima et Koichi, avant de s'abîmer à environ 30 ou 40 kilomètres de l'île de Guam. Car d'après elle "seule la force absolue" aura un effet sur le président américain. De la superficie d'Ibiza, ce territoire américain est isolé dans l'océan pacifique. Il s'est aussi dit prêt à une riposte militaire aux actions "irréfléchies" nord-coréennes. Au-delà de ses plages de sable fin et de ses eaux cristallines, Guam est un avant-poste stratégique des forces américaines sur la route de l'Asie. La base navale d'Apra Harbor et la base aérienne d'Andersen. Jeudi 10 août, le régime nord-coréen a détaillé son projet, consistant à faire usage de quatre missiles au-dessus du Japon. Si Washington laisse les missiles s'écraser, sa crédibilité pourrait en prendre un coup et donner des ailes à Pyongyang.

Le gouverneur de Guam, Eddie Calvo, ne panique pas pour autant. Il a toutefois tenu à rassurer la population.

Pour les habitants de Guam, qui naissent Américains, mais avec des droits limités du fait du statut particulier de l'île, la présence de l'armée représente leur principale ressource financière, avec le tourisme.

Le risque de conflit est réel, mais "personne dans la région, même pas la Corée du Nord, ne veut une autre guerre", analyse Jean H. Lee, la responsable du bureau coréen de l'Associated Press à Pyongyang, dans les colonnes du quotidien britannique The Guardian. "Ce qui lui donnerait la stature d'un souverain capable de défendre son peuple contre les méchants Américains".

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