Deux camps s'affrontent dans un climat tendu à l'ONU — Corée du Nord

07 Septembre, 2017, 20:51 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Le député permanent représentant la France au sein de l’Organisation des Nations unies Louis Riquet lors de la Conférence sur le désarmement le 30 août dernier

"Le temps nous est compté", a-t-il ajouté, en soulignant aussi que les dernières sanctions, prises début août, devaient être appliquées strictement. "Le moment est venu d'épuiser tous les moyens diplomatiques pour mettre fin à cette crise, ce qui implique d'adopter rapidement les mesures les plus fortes possibles ici au Conseil de sécurité de l'ONU", a déclaré Nikki Haley lors de la réunion du Conseil qu'elle avait demandée avec des représentants de la Grande-Bretagne, de la France, du Japon et de la Corée du Sud.

Une suggestion accueillie très froidement par la Chine: "ce qui est absolument inacceptable de notre point de vue, c'est que d'un côté nous travaillons dur pour résoudre de façon pacifique le problème (nord-coréen), et de l'autre, nous voyons nos intérêts compromis et sanctionnés", s'est indigné Geng Shuang lundi.

La bombe est dotée d'une puissance estimée à 50 kilotonnes, soit cinq fois plus que le précédent test nord-coréen, et trois fois plus que la bombe américaine lâchée sur Hiroshima en 1945, selon des responsables sud-coréens.

A l'ONU, Washington prône les intimidations contre la Corée du Nord, tandis que Pékin et Moscou appellent au dialogue. Une décision "inutile et inefficace" selon Moscou, alors que la Chine, premier soutien de Pyongyang, réclame le "dialogue". Le 29 août, il s'était borné à adopter une déclaration à l'unanimité condamnant un tir de missile nord-coréen ayant survolé le Japon. Washington, soutenu par Londres et Paris, a annoncé vouloir présenter un projet de résolution sur de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord. Mais Nikki Haley a sèchement rejeté lundi cette offre. Les Nord-Coréens "ne vont pas renoncer à leur programme (nucléaire) s'ils ne se sentent pas en sécurité". Liu Jieyi a demandé l'adoption du plan russo-chinois prévoyant le gel des tests atomiques et de missiles nord-coréens en échange d'une suspension des exercices militaires conjoints des armées américaine et sud-coréenne. "Nous ne le ferons pas", car "on ne peut baisser la garde", a-t-elle déclaré. "Nous insistons sur la nécessité de préserver notre sang-froid", "à ne pas se laisser déborder par ses émotions et à agir de manière calme et pondérée", a affirmé Vassily Nebenzia, allusion au président américain, Donald Trump, qui avait promis il y a quelques semaines "le feu et la fureur" à son homologue nord-coréen s'il continuait à provoquer la communauté internationale.

Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies sont restés divisés sur d'éventuelles sanctions contre la Corée du Nord pour son dernier essai nucléaire. Dans l'immédiat, Séoul et Washington ont annoncé le renforcement en Corée du Sud du système anti-missiles Thaad (Terminal High-Altitude Area Defense), le bouclier américain qui provoque la fureur de Pékin, ainsi que la suppression du seuil limitant à 500 kg la charge portée par les missiles sud-coréens.

Les Etats-Unis ont menacé dimanche le Nord d'une "réponse militaire massive" au cas où il menacerait leur territoire ou celui de leurs alliés. De telles mesures auraient des conséquences pour la Chine qui absorbe environ 90% des exportations nord-coréennes.

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