Prise de contact entre Riyad et Doha mais la méfiance persiste

10 Septembre, 2017, 08:27 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Une reprise de contact entre l'Arabie saoudite et le Qatar tourne court

L'Arabie saoudite, l'Egypte, Bahreïn et les Emirats arabes unis ont rompu le 5 juin dernier leurs relations avec Doha, accusé de soutenir des organisations terroristes et de se rapprocher de l'Iran, puis formulé une série d'exigences.

Le prince Mohamed a, selon SPA, "bien accueilli le désir de l'émir du Qatar", précisant que "l'annonce des modalités de ce dialogue sera faite" plus tard, ravivant les espoirs d'un début de sortie de crise.

Ils ont aussi imposé au riche petit émirat gazier des sanctions sans précédent, dont un blocage des voies d'accès maritimes, aériennes et terrestres.

"Si je peux servir de médiateur entre le Qatar et, en particulier, les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite, je serais disposé à le faire et je crois que vous parviendriez à un accord très rapidement", a indiqué M. Trump lors d'une conférence de presse conjointe avec l'émir du Koweit, Cheikh Sabah Al-Ahmed Al-Jaber Al-Sabah, en visite à Washington.

Le porte-parole, cité par l'agence SPA, a protesté contre la manière dont Doha a rendu compte de l'appel téléphonique de l'émir du Qatar avec le prince héritier saoudien, en l'accusant d'avoir "distordu le contenu de la conversation".

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohamed ben Salman, a reçu vendredi un appel téléphonique de l'émir du Qatar, le cheikh Tamin ben Hamad al Thani, ont annoncé les médias officiels des deux pays, signe d'une possible percée dans le différend opposant l'émirat à ses voisins du Golfe.

Dans ce compte-rendu, l'agence du Qatar avait rapporté que la conversation téléphonique s'était tenue à la demande du président américain Donald Trump, qui avait proposé sa médiation le 8 septembre, alors que Ryad affirme qu'elle a eu lieu à l'initiative de l'émir du Qatar.

La QNA ne confirme pas non plus le désir de dialogue de l'émir en écrivant vaguement que "les deux parties sont tombées d'accord sur la nécessité de régler la crise, en s'asseyant à la table des négociations, pour préserver l'unité du Conseil de coopération du Golfe (CCG)".

L'agence qatarie a ajouté que l'Emir Tamim a accepté la demande du Prince héritier saoudien, de charger plusieurs délégués d'examiner les questions en suspens, sans compromettre la souveraineté des Etats. Or, Ryad a affirmé que les modalités du dialogue restent à déterminer.

"Ceci prouve que les autorités du Qatar ne sont pas sérieuses dans leur désir de dialogue", a assuré le porte-parole saoudien.

Selon lui, "l'inconsistance de la politique du Qatar n'aide pas à renforcer la confiance nécessaire" au règlement de la crise.

Les tensions se sont accentuées en août lorsque le Qatar a annoncé qu'il renverrait son ambassadeur en Iran, pays rival de la plupart des Etats du Golfe. Le Qatar a catégoriquement rejeté ces accusations.

En dépit de la persistance de la crise de confiance entre Ryad et Doha, la prise de contact est en elle même "significative", estime l'analyste Kristian Ulrichsen, du Rice University's Baker Institute for Public Policy.

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